Carnet de Louis Favreau
Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC)

Crise écologique et économie solidaire à l’heure de Rio+20 : quelle perspective ouvrir ?

lundi 31 octobre 2011 par Louis Favreau

Comment réinventer l’économie, au Nord comme au Sud, et l’orienter vers un type de société qui entend respecter les équilibres écologiques et, en même temps, être porteuse de justice économique et sociale ? C’est la question centrale qui est posée à l’économie sociale et solidaire (ESS) à la veille de Rio 2012, c’est-à-dire à la veille du 2e Sommet de la Terre. Comment l’économie sociale et solidaire, en s’inspirant de ses réalisations à l’échelle internationale, peut-elle contribuer aujourd’hui et dans l’avenir à répondre à la crise écologique que la planète traverse ? Ce n’est pas nécessairement dans son ADN comme certains le prétendent (la pression capitaliste est forte). Cela ne va pas de soi. Par contre, à certaines conditions, peut-être ! Exploration de la chose en m’inspirant d’un document d’orientation que j’ai corédigé pour les prochaines Rencontres du Mont-Blanc qui se tiennent à Chamonix du 9 au 12 novembre [1]

1. S’interroger d’abord sur la nature de la crise : ce qui a changé depuis le premier Sommet de la Terre

Ce qui frappe pour nous aujourd’hui, c’est la séparation plus nette de l’économie et de la société, c’est-à-dire le décalage plus manifeste entre, d’un côté, les valeurs de l’économie dominante soit le « tout au marché », l’appât du gain et le triomphe de la cupidité, et, de l’autre, les valeurs de la société portées par des organisations de la société civile (initiatives de l’ESS, mouvements sociaux, des fondations et un certain nombre d’institutions), soit le développement (plutôt que la simple croissance), la justice économique et sociale, le développement durable et solidaire des communautés, la solidarité internationale et finalement une intervention forte de l’État pour satisfaire à la nécessaire répartition des richesses et au besoin de régulation sociopolitique. Bref, la mobilisation citoyenne d’aujourd’hui, par l’exigence démocratique qui l’habite, cherche plus qu’hier, par divers moyens à concilier économie avec équité sociale et défense des écosystèmes. Mais le capitalisme financier et boursier dominant dans les deux ou trois dernières décennies ne s’en est aucunement soucié. Ce qui, entre autres choses, a mis en échec les 20 ans d’effort liés aux travaux de Rio 1992 de même que ceux de la décennie des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). L’économiste Jean Gadrey résume fort bien la chose en disant que « nous assistons à la première crise socio-écologique du capitalisme financier et boursier, la première où la raréfaction des ressources et les dégâts écologiques ont eu une influence sur le plongeon économique » (Gadrey, 2010).

L’urgence écologique nous semble en passe de devenir une question plus décisive, celle qui est en voie d’en structurer bien d’autres... C’est du moins la réflexion qui prend forme chez plusieurs dirigeants d’organisations qui ne sont pas à priori partie prenante du mouvement écologique comme ceux du mouvement coopératif, du mouvement des agriculteurs, du mouvement des travailleurs (les syndicats) et des organisations de solidarité internationale, si on se fonde sur un certain nombre de rendez-vous internationaux en cours ou à venir dans la foulée du prochain Sommet de la terre à Rio en juin 2012. C’est aussi l’orientation que tendent à prendre de plus en plus de travaux scientifiques en économie et en sociologie. Qu’on pense, parmi d’autres, aux ouvrages de Susan George (2010) ; de Jean Gadrey (2010) ; d’Alain Lipietz (2009) ; de Ricardo Pétrella (2007) et le dernier que nous avons produit, mon collègue Molina et moi (Favreau et Molina, 2011). Bref, un nouveau regard sur la planète émerge face à l’urgence écologique (réchauffement climatique, perte de biodiversité, pollution des océans…).

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2. L’économie sociale et solidaire, une force de proposition et d’interpellation à l’échelle planétaire

L’économie sociale et solidaire, prise au sens le plus large, c’est-à-dire l’ensemble des coopératives, mutuelles et associations, pèse pour près de 10 % du produit intérieur brut (PIB), 10% des emplois et 10% de la finance mondiale (Babekew Ashagrie, OIT, 2011). Mais la fécondité des entreprises collectives, au-delà de ces chiffres et d’une réussite économique contrastée, tient à leur force de proposition et d’interpellation. Dans un contexte où beaucoup d’organisations s’interrogent sur l’avenir de nos économies et de l’économie mondiale, elles sont autant de laboratoires où se recomposent les rapports entre le capital et le travail, entre l’intérêt privé et l’intérêt général, entre la création de richesses et sa répartition, entre la dictature des actionnaires et la démocratie des associés, entre les délocalisations et la sauvegarde du patrimoine…Le caractère citoyen des entreprises collectives naît des exigences qu’elles se donnent : par delà leurs réalisations, elles persistent à inscrire leurs convictions dans le développement d’un vaste secteur non capitaliste d’entreprises fonctionnant de façon démocratique.

Les initiatives de l’ESS, dans toutes ses familles d’entreprises et d’organisations collectives, que ce soit les coopératives, les mutuelles, associations ou fondations, se distinguent donc par plusieurs aspects tant au plan économique que social. Elles développent des structures de production solidaires : leur propriété est collective plutôt que fondée sur l’actionnariat, dont on connaît la grande volatilité. Elles ont forgé différentes organisations fédératives de représentation politique travaillant à faire mouvement (principe de l’intercoopération). Elles s’inscrivent dans l’économie de nos sociétés avec leur identité propre (concilier viabilité économique et justice sociale). Elles transforment de l’intérieur l’économie dominante du fait même qu’elles cohabitent activement avec les entreprises du secteur privé, qu’elles concurrencent au besoin, ainsi qu’avec celles du secteur public qu’elles côtoient. Elles forgent des alliances durables ou temporaires avec d’autres acteurs économiques et sociaux dans une perspective de développement économique et social soutenable. C’est ce qui permet de penser que l’ESS peut être activement partie prenante à une stratégie de dépassement du modèle actuel de développement.

Depuis 20 ans, le paysage économique, écologique et social s’est profondément transformé sous le coup de grandes transitions économiques, politiques, sociales et environnementales planétaires, se traduisant par un durcissement du système capitaliste, au détriment des salariés et de l’environnement. Des réponses à ces transitions ont alors surgi : nous avons assisté à l’explosion d’initiatives alternatives en économie un peu partout dans le monde ; à la transformation des grandes organisations nées ou reconstituées dans l’après-guerre (mouvement syndical, mouvement des agriculteurs, mouvement coopératif) ; à l’émergence de nouveaux réseaux ou de nouvelles organisations (ONG, mouvement de la consommation responsable, commerce équitable, réseaux de développement local, réseaux de finance solidaire et communautaire…). À cela s’ajoute la montée de l’internationalisation de l’action collective à travers l’expérience des Forums sociaux mondiaux et d’autres formes d’organisation qui sont encore à la recherche d’une représentation politique citoyenne transnationale répondant mieux aux nouveaux défis. L’Alliance coopérative internationale, les Rencontres du Mont-Blanc (RMB) qui deviendront bientôt un Forum international de dirigeants de l’économie sociale, et d’autres participent de cette démarche générale de constituer de nouvelles voies de solutions planétaires. Dans ce nouveau contexte, il est plausible de considérer que l’ESS d’aujourd’hui est mieux outillée pour participer au renouvellement et à la transformation des orientations et des stratégies de développement aux différentes échelles (nationale, continentale, internationale).

De plus, un certain nombre d’organisations, de mouvements et d’institutions constatent que la crise de 2008, prolongée par celle de 2011, et la montée en force du capitalisme boursier et financier qui l’a provoquée, font en sorte qu’il n’est presque plus possible de concilier un tant soit peu - comme dans la période des 30 glorieuses par exemple – l’économie dominante et un minimum d’équité. Il est également de plus en plus clair que l’on ne peut concilier cette économie dominante avec la survie de la planète, compte tenu des exigences de rentabilité financière et des modèles de production « à sens unique ». Des dirigeants d’organisations coopératives et mutualistes, comme ceux de l’Alliance coopérative internationale (ACI), des dirigeants de plusieurs réseaux sectoriels comme le Réseau européen des coopératives de travail, des dirigeants d’organisations syndicales nationales et internationales, des experts de nombreuses institutions internationales (PNUE, PNUD, FAO, OMS, OIT, UNESCO…), des entrepreneurs et des acteurs sociaux (syndicats, associations citoyennes) sans compter un nombre impressionnant de chercheurs en sciences économiques et sociales d’horizons très divers (universités, instituts de recherche indépendants..) soulignent tous à leur manière les limites et les aspects pernicieux de l’actuel modèle de développement. Le nouveau, c’est qu’ils se questionnent tous sur la transformation d’ensemble du modèle dominant de développement et non plus seulement sur l’un ou l’autre de ses aspects, prônant les vertus d’une pluralité constitutive des activités économiques et sociales.

3. Pistes de sortie de crise ou comment dépasser le modèle économique dominant

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La pression capitaliste sur ces entreprises de propriété collective demeure cependant très forte et tend à les banaliser ou à les instrumentaliser. Néanmoins, les entreprises collectives ont, au fil du temps, forgé les assises d’un secteur économique non capitaliste. De très nombreuses expériences à travers le monde démontrent leur potentiel alternatif surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans un projet plus large [2] .

C’est Felice Scalvini de l’Alliance coopérative internationale (ACI) qui résume bien une des dimensions importantes de la question : il faut « revenir au développement d’une pluralité de formes entrepreneuriales car la prévalence d’une forme unique d’entreprise assèche les sources dont elle tirait sa propre subsistance, de la même manière que les monocultures épuisent les sols sur lesquels elles poussaient » Il ressort généralement de ces écrits et témoignages, notamment de ceux qui sont issus de la réflexion économique de la mouvance de l’ESS, quatre idées maîtresses :

  1. Il faut se défaire de la pensée économique qui mise exclusivement sur une croissance économique et financière sans s’occuper de développement et sur la seule initiative privée pour réguler la société. Il en découle la nécessité d’investir dans la démocratisation de l’économie. Il faut déjà rééquilibrer les rapports de pouvoir entre apporteurs de travail, de capitaux et aussi les utilisations de biens et services. C’est le premier axe d’un projet de société convoqué par l’ESS, lequel mise d’une part sur l’intervention énergique des États et des institutions internationales pour de nouvelles régulations et, d’autre part, sur un vigoureux pôle économique d’entreprises sous contrôle démocratique permettant de se défaire de la pression (ou de la dictature) des actionnaires, de la spéculation financière et des paradis fiscaux. De ce fait, la question sociale est au cœur d’une démarche économique efficace.
  2. Il faut renforcer la maîtrise collective et internationale des différents modèles de développement, afin de lutter contre le réchauffement de la planète et contrer l’affaiblissement de sa biodiversité. C’est un autre grand axe de transformation. En d’autres termes, il y a devoir de répondre à l’urgence écologique.
  3. Il ne faut pas laisser se privatiser des ressources considérées d’intérêt commun comme les secteurs sociaux stratégiques de la santé, de l’éducation ou de la culture, de même que les ressources que sont la terre, l’eau, les sources d’énergie, les forêts, et les ressources immatérielles que sont la connaissance, l’Internet, les cultures, etc. Ce qui constitue un 3e grand axe, celui du renouvellement de l’État, de ses politiques économiques, sociales et environnementales et celui de l’économie sociale et solidaire qui propose de gérer des biens communs démocratiquement sans volonté de dégager des « superprofits ».
  4. Il faut accentuer la solidarité internationale à tous les niveaux, tout particulièrement en matière de coopération Nord-Sud dans un contexte d’interdépendance accrue où les urgences les plus fortes ne trouvent une réponse déterminante qu’à l’échelle territoriale et locale, appuyée par des soutiens publics (comme les municipalités par exemple).

On peut également retenir trois leçons de ces travaux et témoignages : 1) la recherche de nouveaux modèles de développement ou d’alternatives globales semble assez généralisée dans le monde ; 2) de même que la prise de conscience en faveur d’une véritable défense des écosystèmes de la planète ; 3) et la prise de conscience de la plus forte dimension internationale des pistes de sortie de crise. Mais en même temps, aucune organisation ne peut prétendre, à l’heure actuelle, avoir une réponse globale satisfaisante. La plupart des acteurs engagés dans les défis actuels de la planète conviennent du caractère inédit de la situation globale, mais aussi de la phase exploratoire de la recherche d’alternatives globales. Rares sont les pistes qui font aujourd’hui l’unanimité. Rio 2012 arrive à point nommé avec ses objectifs d’une économie sociale autant que verte dans le contexte d’une lutte à mener pour éradiquer la pauvreté.

Avec sa longue trajectoire historique marquée de réussites convaincantes en dépit de certains déboires ainsi que sa présence dans toutes les économies de la planète, l’ESS va encore plus loin et a des choses à dire sur le triple registre d’intervention qui est le sien : a) une logique entrepreneuriale plus efficace combinant l’économique, le social et l’environnemental et pas seulement l’un des trois (de ce fait, la finance revient à son rôle de support) ; b) en tant que mouvement, une logique de représentation « politique » de ce type d’entreprises (du local à l’international) ; c) une logique d’intercoopération Nord-Sud.

Cinq grands chantiers et 20 propositions pour changer de modèle à l’heure de RIO+20

Louis Favreau, Gérald Larose, Jean-François Lisée, Jacques Létourneau et Laure Waridel, séance de clôture du 17 octobre 2011

Mais comment l’ESS peut-elle le faire ? Des organisations qui sont dans la mouvance de l’ESS posent de plus en plus un diagnostic sévère mais assez juste à l’effet que l’ESS est sans doute, par ses différentes composantes, organisations et entreprises collectives, une force économique mais également un éternel nain politique. Conclusion pour faire court : l’ESS ne peut se limiter à la seule pratique du lobby évoluant dans les coulisses du pouvoir. Elle doit intervenir sur la place publique dans le cadre démocratique d’un débat ouvert. Sans, pour autant, faire tomber de son cheval, « le cavalier fou du capitalisme financier », ces organisations avancent qu’il est possible pour l’ESS d’infléchir l’économie dans la perspective d’un développement économique viable, socialement équitable et écologiquement durable. Le constat est lucide : les initiatives de l’ESS peuvent être un levier pour sortir de la crise actuelle, mais elles ne peuvent le faire seules. Elles le peuvent mais avec d’autres mouvements et elles se doivent d’intervenir à toutes les échelles d’intervention du local à l’international [3]. Déjà la conférence internationale de Lévis en 2010 avait permis d’ouvrir cet horizon. Concrétisons la chose en s’inspirant tout à la fois de cette conférence internationale et de ce rendez-vous de Montréal !

Autrement dit, la force économique (le 10-10-10) est une chose, faire mouvement, au sens fort de ce terme, en est une autre. Les initiatives de l’ESS et les organisations qui les représentent se déploient trop en rangs dispersés et investissent trop peu le terrain de la représentation politique ouverte, laquelle nécessite qu’on se fédère solidement tant au plan national qu’au plan international et que le débat se fasse dans l’espace public. Pour ce faire, quelques organisations soulèvent présentement l’hypothèse que les réseaux d’ESS puissent se réunir autour de contributions qui s’adressaient directement aux pouvoirs publics nationaux et aux institutions internationales à partir d’une plate-forme politique commune composé de cinq grands chantiers et d’une vingtaine de propositions :

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Premier grand chantier : démocratiser l’économie et favoriser sa territorialisation

1) Nous voulons favoriser par tous les moyens le développement d’un vaste secteur non capitaliste d’entreprises collectives fonctionnant de façon démocratique autour des enjeux de la crise globale que nous traversons.

2) Nous comptons poursuivre avec d’autres le travail de recherche permettant de mettre en place de nouveaux indicateurs de richesse.

3) Nous misons sur le développement d’emplois de qualité dans le cadre d’une économie misant sur le bien vivre dans un monde équitable.

4) Nous soutenons fortement la prise ou la reprise de contrôle des biens communs (eau, terre, ressources naturelles…) par les communautés et les États à partir, plus particulièrement, du développement de coopératives, de mutuelles et d’associations.

5) Nous invitons les pouvoirs publics à soutenir avec plus de force la « biodiversité » de l’économie, l’entrepreneuriat collectif et le développement durable et solidaire des territoires par des politiques et des législations qui leur sont favorables.

6) Nous visons à développer une finance propre à l’ESS ou favorable à celle-ci pour soutenir le développement de nouvelles entreprises collectives (fonds de travailleurs, programmes publics et internationaux d’accompagnement des entreprises collectives en démarrage…) et nous partageons avec d’autres le principe d’une régulation forte de la finance.

Deuxième grand chantier : affronter la crise de l’énergie et le réchauffement climatique

7) Nous revendiquons que les États contraignent toutes les entreprises (publiques, marchandes, collectives) à rendre compte non seulement de leur création de richesses au plan économique mais aussi de leur utilité sociale et de leur empreinte écologique.

8) Nous sollicitons les États pour que soit mise en priorité, par une écofiscalité appropriée, la conversion écologique de leur économie (une économie verte) dans l’habitat (efficacité énergétique) et dans le transport (collectif et public) en collaboration avec les organisations et entreprises de l’ESS qui oeuvrent dans ces domaines.

9) Nous invitons les États à miser en priorité sur les énergies renouvelables (l’éolien, la biomasse, le solaire, le géothermique…) et le retrait, sinon le contrôle, de l’exploitation des énergies fossiles (gaz de schiste, pétrole…) en collaboration avec les organisations et entreprises de l’ESS qui oeuvrent dans ces domaines.

10) Que le développement du mouvement de la consommation responsable et du commerce équitable soit systématiquement encouragé par les politiques publiques.

Troisième grand chantier : agriculture écologiquement intensive, filières équitables en alimentation et aménagement intégré des forêts

11) Nous considérons que des politiques de soutien à une agriculture écologiquement intensive et à un aménagement intégré des forêts doivent s’arrimer aux organisations paysannes et aux coopératives agricoles et forestières qui innovent dans ces domaines (biomasse, reforestation…).

12) Nous misons sur des institutions internationales et des États qui appuient résolument le droit des peuples à la souveraineté alimentaire en sortant l’agriculture et la forêt des règles internationales du « tout au marché » dont elles sont prisonnières.

Quatrième grand chantier : de nouveaux choix sociaux pour l’État

13) Nous voulons travailler à renouer au Nord avec un Etat social lié à ses territoires (régions) et à ses communautés par une participation citoyenne organisée dans la délibération sur les choix des priorités locales et régionales (en matière de santé, d’éducation, d’habitat, de services sociaux…).

14) Nous voulons travailler à soutenir au Sud la refondation d’États sociaux, notamment par une collaboration avec les initiatives d’ESS qui contribuent à solidifier un développement endogène tout particulièrement en matière d’agriculture, d’épargne et de crédit, de santé et d’habitat.

15) Nous pensons que la vie associative productrice de lien social est indispensable, notamment par la création de nouveaux services collectifs telles des coopératives sociales dans des secteurs comme la santé, l’éducation, l’habitat… et que ceux-ci doivent émerger d’une cohabitation active des États avec les initiatives citoyennes.

Cinquième grand chantier : affronter la nouvelle phase de la mondialisation

16) Nous pensons nécessaire d’intensifier la solidarité internationale, tout particulièrement la solidarité Nord-Sud et Sud-Sud par le développement de nouveaux partenariats entre coopératives, mutuelles, fonds de travailleurs, associations, syndicats…partenariats encouragés par les pouvoirs publics.

17) Nous misons sur le développement de stratégies de renforcement de pôles continentaux et internationaux d’ESS. C’est à ce niveau que se situe le Forum international des dirigeants de l’économie sociale dans son travail avec des organisations comme l’Alliance coopérative internationale (ACI) et l’Association internationale de la mutualité (AIM)…

Pour mettre en oeuvre ces chantiers et réaliser ces propositions :
faire mouvement par une action politique fédérative

18) Nous croyons nécessaire, aujourd’hui davantage qu’hier, d’exercer une présence plus forte dans l’espace public et des prises de position sur des questions de société (ce document en témoigne tout comme les Rencontres du Mont-Blanc que nous organisons depuis 2004).

19) Nous voulons soutenir davantage la dimension confédérative internationale des organisations de l’ESS pour lui assurer plus de poids politique (Alliance coopérative internationale et autres réseaux).

20) Nous exprimons notre volonté de faire mouvement dans la prochaine décennie avec d’autres organisations (syndicales, écologiques, paysannes…) en instaurant un débat permanent autour d’une plate-forme commune de propositions (sociales, économiques et écologiques) dans la mouvance de cette grande rencontre internationale qu’est RIO+20.

Pour en savoir plus

Favreau, Louis et Mario Hébert (2011), Les réponses de l’économie sociale et solidaire à la crise écologique à l’heure de Rio+20. Cahier de l’ARUC-ISDC et de la CRDC, UQO, Outaouais, Québec, 55 pages.

Favreau, L. et E. Molina (2011), Économie et société. Pistes de sortie de crise. PUQ, Québec, 162 pages.

Gadrey, J. (2010). Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire, Paris, Éd. Les petits matins.

George, S. (2010). Leurs crises, nos solutions, Paris, Albin Michel.

Lipietz, A. (2009), Face à la crise : l’urgence écologiste, Paris, Ed. Textuel.

Petrella, R. (2007). Pour une nouvelle narration du monde, Montréal, Éd. Écosociété.

Thériault, N.(2011), Vers Rio 2012. La planète sera solidaire ou ne sera plus. Cahier spécial du journal Le Devoir, 15 et 16 octobre, 8 pages (une dizaine d’articles).

Articles brefs dans le blogue de la coopérative d’édition Oikos

Bilan de la rencontre internationale du 17 octobre

Économie solidaire et coopération Nord-Sud

L’année internationale des coopératives au Québec

[1Favreau, Louis et Mario Hébert (2011), Les réponses de l’économie sociale et solidaire à la crise écologique à l’heure de Rio+20. Cahier de l’ARUC-ISDC et de la CRDC, UQO, Outaouais, Québec, 55 pages. Le fichier numérique du cahier est joint à la fin de ce billet.

[2Démonstration qui s’appuie sur nos plus récents travaux d’enquête sur une cinquantaine de réalisations à travers le monde. Nous en rendrons compte dans un prochain billet.

[3GESQ (2011), On change de modèle ! Contribution de l’ESS aux défis actuels du développement durable. Une co-publication de la Caisse d’économie solidaire Desjardins, de Fondaction et du GESQ. Document produit à l’occasion d’une rencontre internationale à Montréal au Centre Saint-Pierre à Montréal, 20 pages, p.6.


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