Carnet de Louis Favreau
Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC)

L’Afrique qui se refait à l’heure des Forums sociaux mondiaux

Entrevue de Sambou Ndiaye, sociologue, Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal
mercredi 9 décembre 2009 par Louis Favreau

Sambou Ndiaye était de passage au Québec cet automne, invité par nos centres de recherche (l’ARUC-ISDC, la CRDC et le CÉRIS). Accompagné des professeurs Lucie Fréchette et Louis Favreau, il a effectué une tournée du Québec de l’Outaouais en passant par Montréal, Québec et Saguenay. Sa visite au Québec de près d’un mois a pris les allures d’une tournée tout à la fois scientifique (dans des universités et collèges) et engagée au plan social et politique puisqu’il était aussi l’invité du Groupe d’économie solidaire du Québec (GESQ). Profitant de son séjour, nous avons réalisé un entretien en profondeur sur la situation de son pays et de la place que le mouvement associatif y occupe en abordant les questions suivantes : Quelle est cette Afrique qui se refait à l’heure des Forums sociaux mondiaux ? D’où vient ce mouvement associatif que vous avez convoqué lors de votre tournée du Québec ? D’où tient-il sa capacité de mobilisation sociale ? Quelle direction prend aujourd’hui cette action collective ?

Dans les 5 dernières années, qu’est ce qui a le plus changé au Sénégal et en Afrique de l’Ouest avec la mondialisation néolibérale en cours ?

Ces dernières années ont été marquées en Afrique de l’Ouest par un processus démocratique plus ancré, une décentralisation plus poussée, des Etats de plus en plus fragiles soumis d’en haut aux bailleurs de fonds (FMI, Banque Mondiale, grandes institutions internationales) et interpellés d’en bas par les acteurs sociaux revendiquant un renouvellement des modalités de régulation politique et économique. On constate également que les efforts de redressement économique de ces dernières années ont été engloutis (le taux de croissance de 6% dans les années 2000-2003 est passé à 3% en 2008-2009) par les conséquences d’une économie extractive, extravertie et dépendante qu’accentuent aujourd’hui quatre crises qui interpellent l’humanité : il s’agit des crises alimentaire, énergétique, financière et climatique avec les inondations.

Cette situation traduit la crise permanente du régime d’accumulation qui est passé d’une économie de rente héritée de la colonisation durant les premières années d’indépendance (1960-1979), à une économie de marché préconisée par les bailleurs de fonds à travers les PAS (1980- fin des années 1990), laquelle économie de marché a été maintenue en 2000 à travers des politiques sociales dénommées politiques de lutte contre la pauvreté. Sur l’échelon international, le constat de l’iniquité des règles du commerce international, de la mal gouvernance mondiale, de l’absence de démocratie dans les institutions internationales quant on voit que 75% des dossiers traités à l’ONU concernent l’Afrique alors qu’il n’y a aucun représentant de ce continent au Conseil de sécurité, de l’exploitation éhontée des ressources du continent par le capitalisme international (d’origine occidentale, chinoise et arabe) avec assez souvent la complicité d’une partie des élites (bourgeoisie compradore) alors que la pauvreté des populations ne cesse d’augmenter…tous ces éléments nourrissent aujourd’hui la montée en puissance de ce courant d’« altermondialisation » chez certains acteurs en Afrique.

À ce propos, à côté de ce mode de régulation extraverti en crise (d’ordre politique, économique et socio-culturel), on constate la remontée de dynamiques qui se veulent être différentielles portées par des acteurs porteurs de l’Afrique qui se refait.

Justement l’Afrique qui se refait : mythe ou réalité ? On entend tellement parler de l’Afrique qui se défait ?

Oui l’Afrique qui se défait arrange bien les médias à la recherche de sensations fortes ainsi que le courant afro pessimiste qui oublie trop vite que la situation de l’Afrique ne saurait jamais être exclue de processus historiques d’exploitation économique, de domination politique et d’acculturation. Personne ne saurait nier cette Afrique des coups d’Etat, des guerres, de la corruption, de la mal gouvernance…même si l’Afrique n’a pas le monopole de ces dysfonctionnements. Mais il faut noter que cette Afrique là concerne l’Afrique des élites notamment politiques et intellectuelles ainsi que des bailleurs de fonds, partisans d’une « modernité dupe » inspirée par la rationalité technico-industrielle et marchande de l’Occident. Nous postulons qu’à côté de cette Afrique extravertie relais du capitalisme occidental, se promeut une autre Afrique inspirée par la rationalité écosociale ainsi que les sites symboliques.

Cette autre Afrique, malgré tout, arrive à construire diverses innovations sociales. Cette Afrique qui se refait perçoit la crise comme une situation d’opportunités permettant de reconfigurer le mode de régulation. Elle considère que le contexte de précarité est aussi une source d’innovations sociales permettant à des acteurs et à des dynamiques différentielles d’émerger et de se positionner comme parties prenantes du mode de régulation en reconstruction. Cette Afrique qui se refait peut être appréciée à travers : 1) les expériences initiées par les collectivités locales (processus de développement local et de gouvernance territoriale, planification locale, co-production de services publics locaux) ; 2) l’économie populaire (à travers ses formes individuelles, les micro entreprises familiales, l’entrepreneuriat communautaire) ; 3) les petites et moyennes entreprises qui informent d’un secteur privé national émergent mais peu soutenu par les pouvoirs publics préférant brader les marchés nationaux aux chinois, occidentaux et aux arabes.

On peut aussi signaler que le milieu communautaire vit une mutation importante, les cadres de concertation locale, les réseaux d’organisations paysannes, la « société civile », les espaces de redevabilité sociale…Par exemple, 75% de l’emploi urbain proviennent de cette économie populaire (mal traduite sous la forme d’un secteur dit informel) tandis que le monde paysan fournit plus de 80% des ressources en milieu rural en termes d’emplois, de revenus, de biens et services…Le problème est justement là : l’Afrique qui se défait est l’Afrique officielle, relais de la mondialisation néolibérale, encore empêtrée dans le paradigme post colonial et qui, malgré sa situation de crise, continue à dominer le système de production de l’historicité tandis que l’Afrique qui se refait est à l’étape d’expérimentation d’initiatives innovatrices diverses mais qui n’ont pas encore acquis une cohérence systémique leur permettant d’apporter l’alternative.

Ce décalage entre un système officiel mais extraverti et épuisé et un système officieux mais fonctionnel et endogène traduit aujourd’hui la situation de transition de l’Afrique. Par ailleurs, au niveau de la recherche, on se demanderait bien si la situation de crise structurelle de l’Afrique n’induirait pas une crise des indicateurs, des outils, des approches paradigmatiques et méthodologiques ainsi que des positions épistémologiques traduisant l’incapacité pour les sciences sociales et humaines actuelles à saisir l’intelligibilité intrinsèque du fait social africain.

Dans ta tournée au Québec, tu as souvent parlé de la transformation du mouvement associatif sénégalais, en quoi consiste-t-elle ?

La transformation du mouvement associatif sénégalais constitue bien un espace de lecture de cette Afrique qui se refait. Rappelons que cette transformation ne préjuge ni d’une vision homogène encore moins d’une vision évolutionniste : il s’agit simplement de lire l’évolution des dynamiques associatives à la lumière des mutations sociales, politiques et économiques de ce pays. Si on part du tissu associatif traditionnel, on constate bien qu’il faisait partie des institutions de régulation sociale, de socialisation de l’individu et de sociabilité à travers notamment les classes d’âge, les cercles de fraternité ou encore les « mbootays » groupements de femmes. Durant la période coloniale, ces dynamiques vont s’orienter vers des dimensions socioculturelle, ludique et psychoaffective, à côté des clubs de loisir, de musique ou de sport. Deux types d’organisations vont marquer la période coloniale : les « dahiras », structures à base confrérique, vont constituer un creuset de résistance culturelle, de sécurisation psychologique et de médiation des populations avec l’autorité coloniale. Quant aux coopératives agricoles intégrées à l’économie de traite, elles n’étaient ni autonomes, ni endogènes.

Durant cette première décade des indépendances (1960-fin des années 1970), la construction de la Nation à la base d’un État dirigiste et centralisé sera à l’origine d’une ambivalence de la dynamique communautaire oscillant entre effervescence associative et contrôle systématique voire instrumentalisation des organisations communautaires par l’Etat. L’effervescence associative était perceptible à travers les associations sportives et culturelles, le mouvement des pionniers, éclaireurs, scouts et guides, les associations de jeunes et de femmes d’obédience politique ainsi que les coopératives agricoles. D’ailleurs, c’est durant cette période qu’un cadre juridique spécifique aux associations sera défini par l’Etat à travers le décret n° 76-0040 du 16 janvier 1976. Ce décret va indiquer les caractéristiques des associations fortement inspirées de la loi 1901 française. Mais d’un autre côté, les indépendances seront marquées par un contrôle systématique du milieu associatif ainsi que des tentatives de politisation voire d’étouffement de la part des pouvoirs publics cherchant à affirmer leur tutelle.

Les années 1980-1990 vont permettre aux organisations communautaires d’émerger comme acteur social autonome mais avec une logique plutôt réactive et revendicative, car s’inscrivant plus dans la contestation des modalités de gestion publique et de développement que dans la construction de propositions alternatives. En effet, la crise des années 1980 va saper le compromis autour de l’État providence : on note une plus grande autonomisation du tissu associatif, voire une attitude de défiance vis-à-vis de l’Etat ainsi qu’une effervescence associative avec des préoccupations non plus liées à la construction d’une Nation, mais orientées vers l’amélioration des conditions de vie des populations. La dynamique caractéristique du mouvement de contestation sociale urbaine demeure les opérations « set-sétal » (« être propre et rendre propre ») qui avant d’être des opérations de gestion palliative à l’effritement des services publics, traduisait le malaise urbain chez les jeunes notamment, voulant inviter la classe politique à des pratiques de gestion publique plus saines.

Cette période d’ajustement structurel sera marquée par les tontines, les groupements de promotion féminine, les centrales d’achat, les coopératives d’habitat et de mutuelles de santé au niveau notamment des corps constitués de l’État, mais également les foyers de jeunes et organisations de producteurs en milieu rural. On notera également l’apparition du groupement d’intérêt économique à partir de 1984 dont l’originalité réside dans sa base organisationnelle hybride combinant une base communautaire avec une logique entrepreneuriale, dans son orientation privilégiant l’auto-promotion des membres et non plus seulement la promotion de l’intérêt général et enfin, dans la reconnaissance de la recherche de lucrativité et de la possibilité de distribution privative des ressources générées.

Enfin, la période actuelle autour des années 2000 traduit une dynamique qui s’est massifiée, qui s’est complexifiée en se diversifiant, une dynamique qui certes est en pleine expansion mais qui traîne avec elle une base fragile. Celle-ci met en relief la question de la gouvernance organisationnelle, de la démocratie interne, du contrôle social des leaders, du sociétariat qui s’est recomposé, de l’identité associative de plus en plus sociétaire…En bref, le mouvement associatif sénégalais actuel traduit une labilité organisationnelle et une totalisation des objectifs et des enjeux, autrement dit, il intervient dans tout domaine jugé opportun compte non tenu de son cadre juridique, de ses domaines de compétences, de ses moyens et tout cela pour prendre sa place dans l’espace libéré par la crise et le repositionnement des pouvoirs publics. C’est ce qui explique aujourd’hui le fait que la dynamique associative devrait incorporer toute dynamique autogérée ayant une base communautaire et visant à faire face à des contraintes ou profiter d’opportunités pouvant induire des changements à divers niveaux tout en fonctionnant sur une base démocratique et une propriété collective. On y retrouve les associations soumises à la loi 1901, les organisations positionnées dans l’empowerment communautaire et territorial, l’entrepreneuriat communautaire, les structures de coproduction de services publics locaux ou de services sociaux de base et enfin, des structures qui se positionnent de plus en plus sur les perspectives internationales.

Quels sont les principaux enjeux de ce mouvement aujourd’hui ? La dimension internationale prend-t-elle de l’importance à l’heure des Forums sociaux mondiaux ?

Au moins quatre enjeux traversent le mouvement communautaire sénégalais, voire d’Afrique de l’Ouest. Le premier enjeu révèle le positionnement sociopolitique marqué des organisations communautaires autour d’activités d’utilité publique de développement communautaire, de mobilisation sociale contre la marginalisation de leur territoire et de promotion de structure de coordination pouvant jouer également le rôle d’interface entre les populations et les pouvoirs publics et partenaires au développement. Cet empowerment communautaire voire territorial, expressif d’une grande affirmation sociopolitique des acteurs sociaux dans la vie publique locale, peut se lire à travers la multiplication des associations de développement, des conseils de quartier ou encore des cadres de concertation locale. D’ailleurs, certains de ces dispositifs seront institutionnalisés par certaines collectivités locales à l’image des conseils de quartier et des cadres de concertation.

Le second enjeu a trait à l’entrepreneuriat communautaire qui traduit un double mouvement : d’une part, une mouvance entrepreneuriale des associations traditionnelles insérées désormais dans le processus de production/ distribution de biens et services sociaux, traduisant ainsi les préoccupations de leurs membres en termes d’insertion socio-économique et d’accès aux services sociaux de base. Et d’autre part, une multiplication de nouvelles formes organisationnelles à orientation économique : les Mutuelles d’Épargne et de Crédit (MEC) ou les caisses d’épargne et de crédit, les mutuelles de santé, les Organisations socio-professionnelles (OSP), les coopératives d’habitat, les Groupes d’intérêt économique (GIE)...

Le troisième enjeu rend compte des expériences de coproduction de services sociaux de base ou de services publics locaux. Cet enjeu consacre la prestation de services de groupements de jeunes et de femmes au profit de collectivités locales ou de partenaires au développement. Du fait de leurs avantages concurrentiels en termes de proximité sociale, d’ancrage social, de flexibilité mais également d’efficience, ces organisations deviennent parties prenantes de la stratégie de lutte contre la pauvreté et de démocratisation de l’accès aux services sociaux de base et aux services publics locaux au profit de territoires ou de couches sociales défavorisés.

Enfin, le dernier enjeu concerne le positionnement plus marqué du mouvement communautaire sur des enjeux nationaux et internationaux contrairement à la dynamique antérieure plus rivée aux intérêts des membres ou au cadre de vie. C’est le cas notamment lorsque l’on voit une mobilisation de plus en plus vive de certains types d’organisations autour de certains idéaux comme la démocratie, le droit des consommateurs, la gouvernance publique, les droits de l’Homme jetant ainsi les bases d’une « société civile » militante. Mais la mobilisation la plus importante concerne la participation des organisations au courant « altermondialiste » à savoir : les accords de partenariat économique avec l’Union Européenne, les règles inéquitables de l’OMC notamment la question des subventions agricoles, les forums de la Banque Mondiale et du FMI, les cycles de négociations internationales (Seattle, Doha, Quatar...), les sommets du G8 ou du G20…

Ce positionnement sur des enjeux internationaux a favorisé deux dynamiques porteuses. D’une part, la constitution de réseaux de la société civile africaine : le Forum social africain, le ROPPA, la Plateforme des acteurs de la société civile Ouest Africaine sur l’Accord de Cotonou, le Réseau africain sur le commerce, la plateforme des acteurs non étatiques...constituent de grands réseaux qui interviennent non plus seulement dans la déconstruction de la mondialisation néolibérale, mais dans la construction d’alternatives devançant ou inspirant parfois les propositions des Etats lors des négociations internationales. D’autre part, cette mobilisation sur des enjeux internationaux a favorisé une recomposition sociopolitique à l’intérieur des mouvements sociaux africains où on voit les mouvements coopératif, paysan, syndical et de la société civile s’arrimer autour de problématiques communes.

Le Forum social mondial se tiendra à Dakar en 2011 : qu’attendent les organisations de la « société civile » des pays d’Afrique de l’Ouest de la coopération internationale de proximité ?

Il s’agit d’une formidable opportunité pour la « société civile » africaine de partager avec le monde entier leurs inquiétudes mais surtout leur projet de société. Il faut signaler que les organisations de coopération internationale constituent les partenaires stratégiques (appui technique et financier) de ces dynamiques signalées plus haut : elles ont apporté des correctifs aux tares de la coopération bilatérale en contribuant de manière significative à l’accès aux services sociaux de base, elle utilise des principes d’intervention progressistes, elles ont mobilisé des partenaires du Nord, et tout ceci malgré les menaces contenues dans la Déclaration de Paris et dans l’Agenda international d’efficacité de l’aide (AIEA).

Toutefois, les organisations africaines souhaiteraient quand même une révision de certaines modalités d’intervention. Par exemple, un plus grand positionnement des OCI autour de leur identité fondatrice au lieu de simplement se complaire dans une logique de prestataires de services sans chercher à influer leur organisme subventionnaire, une plus grande pression sur leurs États qui supportent souvent des régimes peu démocratiques ou accompagnent les capitalistes de leurs pays à venir piller nos ressources. Il est attendu également des OCI moins de victimisation et de misérabilisme comme le fait souvent au Québec Vision Mondiale : les Africains attendent moins d’aide d’urgence humanitaire qui n’arrive jamais d’ailleurs aux destinataires mais une structuration de l’intervention autour de la coopération au développement.

Nous attendons des OCI un positionnement plus marqué dans le soutien à la remontée d’innovations endogènes portées par les acteurs sociaux au lieu de se limiter à une logique de transfert technologique. A ce propos, le FSM de Dakar devrait permettre de promouvoir les échanges d’expériences mais surtout de valoriser des partenariats avec des organisations du Sud en lieu et place d’interventions directes et dont les incidences restent difficilement pérennisables. On espère également que les OCI sauront éviter d’être l’otage des courtiers du développement ou de grands réseaux oubliant de facto les acteurs terrain ou encore les expériences innovatrices mais circonscrites.

Les attentes concernent également le mouvement « altermondialiste » et le FSM plus particulièrement : on s’attend qu’il soit plus concentré autour d’activités utiles et réalistes et moins soumis aux intérêts nationaux et aux festivités ou activités grandioses. Dans le même ordre d’idées, la démocratisation de ces mouvements sociaux, la cogestion basée non pas sur le niveau de développement des pays mais sur des principes d’équité, le dialogue interculturel, la confiance et la réciprocité en dehors de tout a priori sur la capacité du Sud à organiser de tels genres d’événements constituent des conditions gagnantes d’un FSM réussi.

Y a-t-il des similitudes entre le mouvement associatif d’ici et de chez vous en dépit des conditions économiques, sociales et politiques marquées qui les différencient ?

Malgré les différences de situation, le mouvement associatif sénégalais et québécois partage certaines dynamiques : la question de l’institutionnalisation/ instrumentalisation, les enjeux de gouvernance organisationnelle, la dynamique évolutive, la diversité des formes organisationnelles, la tendance vers plus de partenariat avec les pouvoirs publics en lieu et place de relations de rivalité ou de confrontation, le positionnement dans la cogestion de services publics ou de services sociaux de base, les dynamiques économiques et sociopolitiques qui les traversent, les difficultés à constituer des réseaux fonctionnels et représentatifs, l’effritement de la mobilisation sociale, le membership de plus en plus sociétaire…entre autres constituent autant de questionnements qui peuvent être partagés. En réalité, le contexte de précarité ne constitue pas forcément un déterminant différentiel : partout le mouvement associatif lutte pour être reconnu comme acteur autonome partie prenante de la reconfiguration du mode de régulation. Il reste cependant à noter que chez nous le mouvement associatif est mené par des bénévoles souvent en chômage alors que chez vous la dynamique est supportée par des professionnels, ce qui constitue une différence de taille dans la dynamique, dans l’identité associative, dans la nature du membership et dans la gouvernance associative. De tels éléments justifient des collaborations internationales entre associations mais documentées par des chercheurs comme ceux que l’UQO compte faire avec l’UGB autour de la problématique jeunesse. In cha Allah.

Pour en savoir plus, un ouvrage et un cahier de recherche

Favreau, L. et A.S. Fall (2007), L’Afrique qui se refait, Presses de l’Université du Québec, Sainte-Foy.

Ndiaye, S. (2010), Itinéraire et innovations sociales en milieu associatif d’Afrique de l’Ouest : l’expérience sénégalaise. Cahier de l’ARUC-ISDC et de la CRDC, UQO, Gatineau, 30 pages.


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