Carnet de Louis Favreau
Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC)
Élections 2018 et projet de société

Le modèle progressiste à venir sera-t-il social-démocrate ou social-écologique ?

dimanche 18 mars 2018 par Louis Favreau
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La question écologique est en voie de devenir, pour l’humanité, une question de vie ou de mort nous dit sans hésitation André Orléans, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris tandis que le dirigeant du mouvement communautaire et écologique du Pays Basque français Txetx Etcheverry nous dit d’emblée dans une formule choc : « La bataille du climat se joue maintenant, si on la perd, on perd toutes les autres ». De même « Il n’y aura pas d’emploi sur une planète morte » nous dit la Confédération syndicale internationale (la CSI) dont une partie des membres peuvent vivre une certaine inquiétude quant au sort réservé à leurs emplois lorsqu’ils sont fortement liés à des entreprises très polluantes...Elle dit aussi : « Pas de plan B parce qu’il n’y a pas de planète B ». De même le pape François affirme tout de go dans son encyclique qu’on ne peut concilier en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, la préservation de l’environnement et le progrès économique. Question pour les prochaines élections au Québec : l’urgence écologique sera-t-elle suffisamment présente dans l’espace public ?

Des initiatives de transition écologique arrimées au progrès social

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COP21 : la grande assemblée de clôture fin 2015

Les initiatives de transition écologique sont devenues déterminantes, davantage encore avec la conférence de Paris sur le climat, tout autant pour les États, les grandes institutions internationales que pour les mouvements sociaux. Aujourd’hui et demain c’est l’arrimage de la transition écologique au progrès social qui constituera la conquête sociale la plus déterminante des prochaines décennies. Les mouvements sociaux d’avenir ont d’abord à rompre avec le modèle productiviste d’une révolution industrielle fondée sur les énergies fossiles au bénéfice des énergies renouvelables et se mobiliser sur des revendications à contenu écologique fort : mettre fin aux subventions accordées aux pétrolières, leur imposer une taxe carbone, généraliser l’hydroélectricité, l’éolien, le solaire, la biomasse pour tout (dans le transport, l’habitat, l’agriculture, l’industrie...). Bref considérer la question écologique comme étant la coordonnée centrale de ce siècle sur deux grands axes : a) énergie-climat ; b) agriculture, alimentation et santé. Ce qui veut dire de ne plus séparer les questions écologique et sociale qui se croisent dans les faits car ce sont les classes populaires qui sont les plus affectées dans notre société par les pollutions diverses (pollutions atmosphériques ; pollutions de l’alimentation transformée ; pollutions de l’exploitation minière, gazière et pétrolière...). Ce qui veut également dire que cette transition sociale-écologique est en soi un projet politique comme l’affirme l’économiste Gaël Giraud

« La transition écologique, un beau projet politique » dit l’économiste Gaël Giraud

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...Il est possible de construire des sociétés résilientes aux désastres qui nous attendent... Réagir passe donc d’abord par la transition écologique, un formidable projet politique et social...On a devant nous un projet qui donne du sens...un projet créateur d’emplois...qui peut organiser de la polyagriculture paysanne, ...qui peut aménager le territoire autour de petites villes...qui peut mettre en route une économie de circuits courts...une mobilité verte de transports collectifs...un verdissement des processus industriels et agricoles...

Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence française de développement, extraits d’une entrevue pour l’OBS, semaine du 18 au 24 août 2016, p.54 à 57

Le juste milieu n’est pas la solution
Il ne suffit pas de concilier en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l’environnement et le progrès. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. Il s’agit de redéfinir le progrès....C’est le pouvoir lié aux secteurs financiers qui résiste le plus....Les projets politiques n’ont pas habituellement de largeur de vue... (p.148 et ss).
Extraits de la récente encyclique du pape François 1er intitulé Laudate Si. Sur la sauvegarde de la maison commune.

Voilà des propos qui nous éloignent de la modération. Même si on peut douter de leur influence décisive sur le cours des choses dans les grands sommets internationaux. Il n’en demeure pas moins que plusieurs partis et mouvements progressistes y retrouvent là de nouvelles références et une accréditation de leur action. Ils n’ont pas intérêt à bouder une encyclique qui prend les aires d’un manifeste à la manière de l’Élan global.

2.1. Le Québec des mouvements progressistes est à la recherche d’un l’État social renouvelé

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Les mouvements progressistes sont à la recherche d’un renouvellement de l’État social québécois construit à partir des années 1960 et 1970. On peut très bien résumer ce renouvellement à partir de la notion d’« État social-écologique » comme l’économiste Laurent l’avance dans son livre sur l’État Providence (Laurent, 2014). Ce projet n’a cependant pas encore de référence concrète à l’échelle d’une société ni un projet global porté par des forces suffisamment significatives. Toutefois quelques politiques publiques adossées à des initiatives citoyens fortes illustrent des possibles : une fiscalité écologique de certains États (pays scandinaves en tête) ; des villes exemplaires avec leurs écoquartiers et leur réseau de transport en commun électrique ; des universités, des fondations, des gouvernements locaux qui désinvestissent des énergies fossiles, etc.

Le problème actuel qui se pose au Québec à cet égard est celui de pouvoir sortir de la seule protection des acquis des uns et des autres comme la lutte contre l’austérité l’a été jusqu’ici. Mobilisations fortes à certaines occasions mais plus souvent qu’autrement à dominante défensive. La sauvegarde des acquis ne constitue pas un projet mais seulement un système de défense de catégories sociales particulières. La clé du renouvellement dans la durée passe par une mobilisation sociale et politique pour que les États assurent les risques environnementaux des classes socialement les plus touchées. On en est encore loin.

Au bilan, le modèle québécois d’État social, bien que ce soit un État social des plus progressistes du Canada et de l’Amérique du Nord, Il n’a pris en compte la question écologique que de façon marginale. De son côté la gauche de tout horizon est encore et surtout centrée sur la question sociale, manière 20e siècle ou sur des discriminations spécifiques. Il faut pour cela opérer une mise en perspective dans le temps long pour répondre à la question sociale dans sa globalité telle qu’elle se pose aujourd’hui et demain, c’est-à-dire dans sa relation forte avec le défi écologique.

Après la COP 21, l’urgence climatique exige de fortes initiatives de transition : l’importance des mouvements sociaux dans un projet de société alternatif

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Selon de très nombreuses organisations d’écologistes comme Greenpeace, Équiterre, l’AQLPA, la fondation David Suzuki, « le texte de l’Accord de Paris a placé clairement l’industrie fossile du mauvais côté de l’Histoire ». D’où l’impératif de libérer le financement nécessaire à la transition écologique comme le dit si bien l’économiste Maxime Combes :

La communauté internationale et les pays membres de l’ONU seraient donc bien avisés de déclarer un moratoire général sur toute nouvelle exploration d’hydrocarbures. Une telle décision libérerait les financements nécessaires à la transition écologique des modèles de production et de consommation. Des politiques de sobriété et d’efficacité énergétiques pourraient voir le jour, et les énergies renouvelables, plutôt que de s’additionner aux énergies fossiles, pourraient s’y substituer. Maxime Combes, économiste, dans un article écrit pour le journal Le Monde de 2012.

Des initiatives de transition écologiques arrimées au progrès social : trois piliers

Changer le monde se voit beaucoup mieux sur une longue période historique. C’est ainsi que nous avons pu voir des transformations sociales majeures et durables : au 19e siècle, l’abolition de l’esclavage et l’introduction de la démocratie et de la citoyenneté avec la Révolution française ; au 20e siècle l’introduction des droits sociaux (État-providence) après celle des droits civiques et la reconnaissance de l’égalité des hommes et des femmes de même que la décolonisation des pays du Sud. Ce sont là des conquêtes sociales venues pour beaucoup de mouvements sociaux, repris par des partis politiques et transformées finalement en politiques publiques. On oublie souvent cette dynamique d’une pierre trois coups : mouvements, partis, politiques publiques.

L’économiste Eloi Laurent et le directeur de l’Institut syndical européen Philippe Pochet (2015) indiquent quelques balises de cet État social-écologique autour trois piliers : l’égalité, l’emploi et la protection sociale. Trois piliers déjà existants dans le cadre de l’État social de l’après-guerre mais trois piliers en reconfiguration. Ce qui signifie pour le Québec d’aujourd’hui et de demain :

  1. L’égalité se pose aujourd’hui en des termes différents car le lien est étroit entre les inégalités et les crises écologiques. Ce nouveau visage de l’inégalité s’illustre par la situation des groupes sociaux les plus vulnérables (par exemple les quartiers populaires des villes menacés par la pollution des transports et la canicule). Levier de mobilisation par excellence, la lutte de la mouvance écologique contre le changement climatique.
  2. L’emploi se pose également d’une autre façon. L’horizon social-écologique exige une restructuration des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre (GES). Ici figure en tête de liste le soutien à la requalification de la main d’oeuvre dans la transition des emplois concernés vers des secteurs et des filières d’avenir. Au coeur de cet enjeu de requalification, le syndicalisme, et comme secteur entrepreneurial témoin, celui des entreprises collectives : coopératives agricoles et forestières, fonds syndicaux et coopératifs, coopératives d’énergies renouvelables dans le solaire, l’éolien, la biomasse, etc. (cahier spécial du Devoir, 2018).
  3. La protection sociale suppose également d’être repensée en lien avec l’environnement. Il y a des environnements qui sont une cause importante de la mauvaise santé des enfants, sont porteurs de risques majeurs pour les personnes âgées en cas de canicule et peuvent causer ou amplifier la pauvreté lors de chocs comme des inondations. Levier de mobilisation important, le mouvement communautaire avec d’autres telles les municipalités notamment (Favreau, 2017)

À court terme, dans le contexte actuel, ce projet d’un État social-écologique peut paraître relever davantage d’un fantasme que d’un projet d’avenir possible. Il relève de l’utopie mais pas de l’impossible si on situe le changement social dans le temps long.

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Quelle est l’utopie mobilisatrice des dernières décennies et celle des prochaines : celle de l’écologie politique, ce quelque chose qui émerge et qui ressemble à un New Deal écologique et social comme il y a eu un New Deal social au 20e siècle fondé à l’époque sur les conquêtes sociales du mouvement ouvrier (Lipietz, 2012). Pour le 21e siècle, c’est le mouvement écologique qui est en train de devenir une force motrice de notre avenir à tous.

Ce New Deal social du 20e siècle et la reconnaissance obtenue des syndicats (législation du travail, politique d’assurance-emploi), des organisations sociales (coopératives et associations) et des protections sociales de base (accès à l’éducation et aux services de santé publics) ont été des avancées sociales qui au début de ce siècle-là étaient considérées comme impensables. C’est la lutte sociale qui a créé des possibles.

2.2. Avec cette dernière utopie, quelles sont les possibles qui prennent forme ?

Il y a des forces sociales mobilisables sur un tel projet de société. Les écologistes ne sont pas les seuls. Bon nombre d’organisations du mouvement coopératif, du mouvement communautaire, du mouvement syndical, du mouvement des femmes, de la solidarité internationale le sont. Mouvements qui peuvent être épaulés par une vision, celle de l’écologie politique, qui ne cesse d’interpeler, d’aiguillonner, d’éveiller, de mettre en garde... Un grand défi ! Le dernier livre de Naomi Klein est particulièrement bien documenté à cet égard et très convaincant (Klein, 2015).

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Il ne faut évidemment pas idéaliser ces mouvements sociaux (Favreau, 2012). En premier lieu, ils ne sont pas homogènes. Puis tout ne part pas de « la base » comme plusieurs le pensent. Enfin toutes les actions qu’ils engagent ne se valent pas. Il faut s’interroger sur la qualité de leur action collective. Mais disons au départ que ce qu’on appelle la « société civile » - que je préfère appeler « mouvements sociaux » - a constitué une des assises incontournables de la construction de l’État social québécois des 50 dernières années :

a) Sans le mouvement des femmes conjointement avec le mouvement communautaire, il n’y aurait pas eu de Centres de la petite enfance.

b) Sans le mouvement communautaire dans le secteur de la santé, du logement social, de la protection du consommateur, de l’insertion socioéconomique des jeunes...des avancées sociales significatives n’auraient pas eu lieu.

c) Sans les syndicats et les militantes organisées sur leur propre base en leur sein, il n’y aurait pas l’équité salariale que nous avons aujourd’hui.

d) Sans le mouvement coopératif, la plupart des régions du Québec en dehors des grands centres urbains seraient très mal en point : apport des caisses d’épargne et de crédit, des mutuelles d’assurance, des coopératives agricoles, des coopératives de services de proximité, des coopératives forestières, des coopératives funéraires...

e) Sans le syndicalisme des producteurs agricoles et des coopératives de ce secteur, que resterait-il de notre souveraineté alimentaire et du développement autonome des régions.

f) Sans la bataille historique du Front commun syndical du secteur public et parapublic de la décennie 1970 et la poursuite de leur lutte, les conditions de travail de cet important secteur seraient nettement inférieures et surtout la valorisation de leurs métiers et professions serait faible.

g) Sans les écologistes, il n’y aurait pas eu de système d’alarme sur les risques encourus par les écosystèmes, pas ou peu d’avancées sur les problèmes de biodiversité, sur la pollution par les particules fines du transport automobile, sur les énergies renouvelables hors l’hydroélectricité (l’éolien, le solaire, le thermique, la biomasse).

h) Sans le syndicalisme, pas de minimum de démocratie dans les entreprises (pour lutter contre l’arbitraire patronal), pas de fonds de développement misant sur les épargnes des travailleurs pour faire un développement économique « biodiversifié » de nos régions ; pas de régimes de retraite convenables, peu de reconnaissance d’un bon nombre de métiers et de professions.

En d’autres termes, l’État québécois est devenu un État social parce qu’il y eu un mouvement d’affirmation nationale (notamment la lutte pour la langue française dans toutes les sphères de notre société, l’entrée en scène d’un parti politique, le PQ, et la montée d’un entrepreneuriat privé et collectif québécois dans les régions) qui a favorisé la montée d’un État intervenant directement dans le développement économique et social (mesures de protection sociale universelles, législation du travail...). Mouvement d’affirmation nationale qui a croisé celui de mouvements sociaux qui ont transformé en demandes sociales certaines de leurs aspirations. Et à certaines périodes, avec des partis politiques, des politiques publiques progressistes ont émerger pour bâtir une société québécoise plus démocratique (services de la petite enfance, équité salariale, congés parentaux, etc.).

2.3. Sur quoi bouger pour faire avancer un tel projet d’État social-écologique ?

Les mouvements sociaux d’avenir doivent d’abord se mobiliser sur des revendications à contenu écologique fort : sortir du pétrole notamment en mettant fin aux subventions des pétrolières et gazières ; imposer une taxe carbone ; généraliser l’hydroélectricité, l’éolien, le solaire, la biomasse pour tout (dans le transport, l’habitat, l’agriculture, l’industrie...).

Dans le monde, les États ont subventionné les énergies fossiles à la hauteur de $200 milliards par année entre 2010 et 2014. Au Canada seulement les subventions dépasseraient $700 millions annuellement.

Article d’A. Shields dans Le Devoir du 22 septembre 2015

Ce qui veut dire mobiliser pour que l’État québécois mette ses politiques économiques au service d’une transition écologique dans tous les domaines : agriculture et forêt, transport, industrie, habitat, énergies, etc. Et un État qui met ses politiques sociales au service de l’assurance d’un double risque, social et écologique : pollution liée au transport, insalubrité et faible efficacité énergétique des logements dans les quartiers populaires, manque d’espaces verts dans ces mêmes quartiers, sécheresses ou inondations dans les milieux ruraux/agricoles....

2.4. L’urgence écologique au Québec : les mobilisations en cours sont en passe de changer d’échelle

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Il y a des mobilisations qui progressent bien. La mobilisation du 11 avril 2015, cette Marche Action Climat qui a réuni 25 000 personnes à Québec en aura fourni un bel exemple. De bien des façons les groupes écologistes ont acquis une expertise et une longue expérience gagnant ainsi progressivement leur place dans l’espace public et dans un certain nombre d’institutions. Des mouvements (syndicats, groupes de femmes, associations étudiantes, organisations communautaires) sympathisent avec ces mobilisations. Des manifestes ont été lancés comme celui de l’Élan global au Québec ou celui du Grand bond en avant au Canada par Naomi Klein et d’autres. Des mouvements majeurs de désinvestissement des énergies fossiles (universités, fondations, le plus grand fonds souverain au monde, celui de la Norvège, des fonds de pension, etc.) se font sentir ici et là sur la planète. Mot d’ordre de ces manifestes : « Les petits pas ne peuvent plus nous mener là où nous devons aller. Nous devons bondir vers l’avant ».

Mais autour de quelles avenues favoriser le minimum requis d’unité et de perspective commune ? Quelques pistes par-delà les grands objectifs généraux commencent à se faire jour et à convaincre : l’agriculture écologiquement intensive et l’aménagement durable des forêts, l’électrification des transports et l’utilisation du biogaz ; l’efficacité énergétique des bâtiments résidentiels et industriels et l’investissement massif dans les énergies renouvelables.

L’indispensable intervention des pouvoirs publics et des institutions internationales

Cependant ces initiatives doivent être soutenues par une fiscalité écologique fortement incitative : à titre d’illustration, déplacer l’équivalent de 10% de nos impôts dans cette direction...en mettant l’argent à la bonne place : 1) en cessant toute subvention à la production d’énergies fossiles ; 2) en déplaçant cet argent vers les énergies renouvelables ; 3) en récupérant l’argent qui s’est fiscalement évadé d’ici ; 4) en imposant davantage les plus riches. Et surtout de concert avec ses positions, choisir globalement de faire croître certains secteurs et d’en faire décroître d’autres.

Les mobilisations citoyennes préfigurent de nouvelles avenues

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Martin Luther King, Rosa Parks et Saul Alinsky

Du mouvement des droits civiques aux États-Unis avec Martin Luther King et Rosa Parks en passant par Saul Alinsky qui travaillait comme organisateur communautaire dans les quartiers populaires de Chicago et Cesar Chavez qui organisait en syndicats les travailleurs agricoles des États du Sud, toute une tradition démocratique d’associations citoyennes s’est constituée au Québec comme dans l’ensemble de l’Amérique du Nord dans les années 60 et 70 sur la revendication de droits sociaux. Puis, dans les années 80 et 90, le développement d’alternatives socioéconomiques dans les communautés a pris les devants entre autres sur l’enjeu de l’emploi. Avec les années 2000, les initiatives liées au combat écologique se sont davantage affirmées suite à la prise de conscience du réchauffement climatique, de l’affaiblissement de la biodiversité et des pollutions diverses de même que sur la santé des populations.

La mondialisation néolibérale ne marque pas la fin des territoires

Le capitalisme actuel laissé pour beaucoup à lui-même depuis 30 ans obstrue le paysage en générant un accroissement des inégalités, en détériorant les écosystèmes et en atomisant les communautés. La mondialisation ne marque cependant pas la fin des territoires mais plutôt leur transformation. La dynamique de développement de ces territoires a pris deux directions qui s’opposent : celle des multinationales (en agriculture, en santé, en culture, en production d’énergies, dans le commerce de détail...) qui atomisent ou nivellent tout sur leur passage et celle du développement durable et solidaire des communautés qui met à profit des économies de proximité. Les initiatives citoyennes sont le sel de ces communautés. À la source de ce mouvement, il y a une «  communauté de militants » (Piotte, 2008 :102). Et ce sont ces militants qui animent, inspirent, initient des actions citoyennes, c’est-à-dire des actions collectives d’intérêt général.

Pour en savoir plus

  • Bourque, G. (2014). L’austérité n’est pas la solution : pourquoi pas une fiscalité écologique ? Un billet sur le blogue de la CRDC de l’économiste et sociologue Gilles Bourque de l’IREC : http://jupiter.uqo.ca/ries2001/carnet/spip.php?article93
  • Cahier spécial du Devoir (2018) sur le développement durable et les syndicats, 24 février 2018. http://www.ledevoir.com/societe/environnement/520858/amenagement-du-territoire-et-urbanisme-une-politique-nationale-reclamee
  • Favreau, L. (2017), Le mouvement communautaire et l’État social : le défi de la transition sociale-écologique, PUQ, Québec.
  • Favreau, L. (2012) « Écologie, mouvements sociaux et développement des communautés : certains mythes ont la vie dure », Blogue de la CRDC, UQO http://jupiter.uqo.ca/ries2001/carnet/spip.php?article73
  • Favreau, L. et M. Hébert (2012), La transition écologique de l’économie. Contribution des coopératives et de l’économie solidaire, PUQ, Québec.
  • Klein, N. (2015), Capitalisme et changement climatique. Tout peut changer, Ed. Lux/Actes Sud.
  • Laurent, E. et P. Pochet (2015), Pour une transition sociale-écologique. Quelle solidarité face aux défis environnementaux. Éd. Les petits matins, Paris.
  • Laurent, É. (2014), Le bel avenir de l’État Providence, Éd. Les liens qui libèrent, Paris.
  • Lipietz, A. (2012), Green Deal. La crise du libéral-productivisme et la réponse écologiste. La Découverte, Paris.
  • Piotte, J.-M. (2008), Un certain espoir, Les Éditions Logiques, Montréal.

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