Carnet de Louis Favreau
Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC)

Syndicalisme et coopératives : quelles alliances au plan international ?

lundi 9 mars 2015 par Denise Gagnon

Nous sommes généralement peu au courant de ce que le syndicalisme québécois fait en matière de solidarité internationale, particulièrement en ce qui a trait à la coopération au développement avec le Sud. Et pourtant il existe une assez longue tradition. Démonstration à partir de la présentation que la directrice du Service de solidarité internationale à la FTQ, Denise Gagnon, nous a fait au RDV international de la CRDC l’automne dernier. Démonstration également sur le thème des alliances historiques et actuelles des syndicats et des coopératives. Un premier grand tour de jardin sur les politiques et les pratiques de la FTQ en la matière. Une pièce substantielle de notre coopération de proximité avec le Sud peu connue et donc sous-estimée.

Louis Favreau

Louis Favreau

Denise, peux-tu nous faire, en guise de préambule, un petit topo de la présence de la FTQ sur la scène internationale et de son insertion dans la coopération au développement ?

Denise Gagnon

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La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) regroupe 600 000 membres organisés au sein dans une trentaine de syndicats affiliés qui regroupent à leur tour environ 5 000 entreprises des secteurs public et privé partout au Québec . Elle est membre du Congrès du travail du Canada (CTC) qui représente sur la scène canadienne 3,3 millions de travailleuses et travailleurs. La FTQ est aussi membre de la Confédération internationale du travail (CSI) qui représente à son tour près de 250 millions de membres dans 161 pays et territoires.

Les affiliés de la FTQ sont aussi affiliés aux Fédérations internationales du travail (FSI) regroupées au sein du Global Union. Plusieurs sont membres de réseaux ou de Conseils mondiaux du travail sur une base sectorielle.

La FTQ et le CTC font une entente sur la question internationale

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La FTQ a une longue tradition de solidarité internationale, mais ce n’est qu’au début des années 1990, qu’elle s’entend avec le CTC pour mettre sur pied son propre Service de la solidarité internationale visant à :

  • Coordonner les stratégies syndicales internationales des affiliés québécois
  • Développer des liens avec d’autres syndicats à l’étranger
  • Contribuer aux diverses rencontres internationales (OIT et BIT)
  • S’impliquer dans la coopération internationale à tous les niveaux avec le CTC
  • Dispenser une formation syndicale sur la mondialisation et la coopération
  • Développer la francophonie syndicale au sein de la CSI
  • Développer des alliances et des campagnes stratégiques en matière de protection des droits et de développement international

La coopération internationale, l’entraide et le développement : un prolongement de notre action syndicale pour le travail décent

La coopération au développement est partie intégrante de notre action syndicale. Elle peut prendre diverses formes, allant de la formation au renforcement syndical, en passant par l’aide au développement de services sociaux, la défense des droits, l’amélioration des infrastructures et des initiatives économiques. La FTQ et plusieurs de ses affiliés participent activement aux activités en coopération tant ici qu’à l’international en dégageant des ressources importantes pour des projets bien concrets. C’est la raison pour laquelle l’infrastructure de l’aide publique au développement et les plans d’action pour l’économie coopérative, sociale et solidaire nous interpellent à plus d’un titre. Nous voulons y faire reconnaître l’importance de l’action collective, de la vie associative et démocratique pour lutter ensemble contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Notre approche est axée sur les droits fondamentaux et non sur la charité.

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Les coopératives sont dans l’ADN du mouvement syndical

Les relations entre le mouvement syndical et les coopératives remontent aux origines des syndicats. Les premières associations de travailleuses et de travailleurs se sont formées en Europe. Au XVIIIe siècle, les syndicats avaient d’ailleurs plus le profil de coopératives que la forme actuelle qu’ont pris les syndicats [1] .

Au fil du temps, les syndicats en Occident se sont spécialisés dans la défense des membres qu’ils représentent dans le cadre des rapports collectifs aménagés par les différents États. Au fil de luttes épiques caractérisées par une industrialisation rapide, le monde du travail a connu plusieurs mutations. Les syndicats ont dû circonscrire leurs actions afin d’obtenir des législations sociales et du travail pour limiter l’arbitraire et le pouvoir excessif des entreprises. Ils sont devenus, en quelque sorte, le wagon de tête du développement social jusqu’aux années ’80. Or, depuis les bases du mouvement syndical se sont effritées sous le poids de la mondialisation, des crises économiques et des politiques défavorables des États nationaux vis-à-vis du syndicalisme. Ceci s’est traduit par un accroissement des inégalités sociales partout dans le monde.

Dans un tel contexte, les syndicats sont redevenus des participants actifs dans le secteur coopératif, ce qui est encore plus visible au niveau des projets de développement au Sud. De nouvelles alliances ont également été recherchées auprès des groupes et de mouvements sociaux.

Depuis les récentes crises économiques consécutives à la crise financière des années 2008, des rapprochements se sont accentués à cet égard en raison de la perte de confiance des travailleuses et travailleurs envers les acteurs économiques et un système de marché devenu ultra libéralisé. Ce modèle de développement subordonne encore plus nettement qu’auparavant le progrès au profit sans égard aux droits fondamentaux des populations. On note ainsi une augmentation des inégalités partout dans le monde et des disparités importantes, tout particulièrement dans les pays en développement qui se sont davantage fragilisés.

Louis Favreau

Plusieurs affirment que le nouveau contexte de l’aide publique au développement au Canada soit devenu un frein à la coopération internationale de proximité ? Ce diagnostic est-il partagé par la FTQ ? Et qu’en tirez-vous comme conclusions ?

Denise Gagnon

Avant 2011, la FTQ était très active dans le renforcement des capacités organisationnelles des groupes et des syndicats dans l’espace francophone au Sud. Elle négociait par l’intermédiaire du CTC des fonds de contrepartie avec les instances gouvernementales particulièrement auprès de l’ACDI (maintenant fusionné avec le Ministère des affaires étrangères, commerce et développement Canada MAECD). Malheureusement, ce changement conjugué aux nouvelles orientations du gouvernement conservateur, axées sur les entreprises privées canadiennes, met en péril les acquis de ce développement de même que la coordination des projets de développement de proximité comme l’a très bien porté à notre attention l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (l’AQOCI).

De telle sorte que l’inclusion de la paix et de la sécurité, la participation démocratique, la primauté du droit, l’égalité des sexes, les droits humains et la protection de l’environnement, lesquelles sont des coordonnées essentielles de la coopération au développement, essuient présentement des reculs. L’expérience nous enseigne que ni l’éradication de la pauvreté, ni la réalisation du développement durable ne sont possibles sans ces éléments. L’agenda international de l’après-2015 doit transformer radicalement la manière dont on conçoit l’économie de sorte qu’elle soit mise au service des gens et de la planète et non l’inverse. On doit donc changer de paradigme comme plusieurs le soulignent à juste titre ! Nous sommes donc favorable à la FTQ à une politique de développement durable axé sur les besoins et sur les droits dans le cadre de l’agenda international de l’après-2015.

En d’autres termes, le futur cadre de développement des Nations Unies après 2015 doit être fondé sur les droits humains pour tous. [2] Une approche qui ne s’attaque pas aux causes profondes de la pauvreté par des solutions rapides ne sera ni efficace, ni légitime ni durable. La société civile partout dans le monde se mobilise parce qu’elle n’accepte pas un cadre qui ne traite pas des causes structurelles de la pauvreté et de l’injustice.

Face aux résultats décevants des 15 premières années des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), soit de l’an 2000 jusqu’à aujourd’hui, en termes de processus démocratique et de réduction des inégalités, le mouvement syndical estime qu’il faut impérativement mettre en œuvre des mécanismes démocratiques d’appropriation pour les populations les plus vulnérables à l’échelle nationale comme à l’échelle internationale. En d’autres mots, il faut un rapport de force renouvelé à tous les niveaux !

A cet égard, dans le cadre des consultations sur un projet de mise sur pied d’une Agence québécoise de solidarité internationale par le Gouvernement du Québec en 2013 (document AQOCI-MRI), la CSN, la CSQ et la FTQ ont soumis un avis conjoint invitant à s’inspirer de ces principes [3] . Le réseau de la coopération au développement de la Confédération syndicale international (CSI) [4] favorise également une vision globale de l’efficacité de l’APD. Les huit principes syndicaux développés par les membres de la CSI sont basés sur le consensus d’Istanbul : appropriation démocratique, autonomie, partenariat, transparence, responsabilité, cohérence, inclusion et égalité, pérennité des projets de développement des syndicats.

Les Principes d’Istanbul sur l’efficacité du développement
  • Respecter et promouvoir les droits de la personne et la justice sociale ;
  • Donner corps à l’équité et à l’égalité des genres en soutenant les droits des femmes et des filles ;
  • Se concentrer sur la mise en capacité des personnes, l’appropriation démocratique et la participation ;
  • Promouvoir un environnement durable ;
  • Pratiquer la transparence et la responsabilité ;
  • Instituer des partenariats équitables et solidaires ;
  • Créer et mutualiser les savoirs et s’engager dans l’apprentissage mutuel ;
  • S’engager à obtenir des changements positifs et durables.

Plateforme pour un développement durable

L’articulation des orientations politiques de la CSI en matière de développent durable repose sur un consensus établi à l’Organisation internationale du travail (OIT) sur l’agenda du travail décent.

Le travail décent reflète les priorités sociales, économiques et politiques des pays et du système multilatéral. En un laps de temps relativement court, ce concept a fait consensus parmi les gouvernements, les employeurs, les syndicats et la société civile. L’emploi productif et le travail décent sont des dimensions essentielles d’une mondialisation juste, de la lutte contre la pauvreté et un moyen d’instaurer un développement équitable, solidaire et durable afin d’assurer la paix et la prospérité de tous.

Promouvoir une croissance riche en emplois est à l’heure actuelle un défi central à relever par tous les pays. A une époque où le chômage mondial a atteint un niveau record, particulièrement chez les jeunes, il est plus que jamais nécessaire de placer l’emploi au cœur des politiques économiques et sociales. Et l’ampleur de la pauvreté, même parmi ceux qui travaillent, souligne le manque d’emplois productifs et décents. Les membres de l’OIT ont défini des mesures susceptibles de contribuer à la création d’emplois durables et de revenus décents. Ces mesures sont formulées dans l’Agenda global pour l’emploi, élaboré en 2011 [5] .

L’Agenda a pour principal objectif de placer l’emploi au cœur des politiques économiques et sociales. Conformément aux objectifs du Millénaire pour le développement, l’Agenda s’attache, par la création d’emplois productifs, à améliorer la vie des personnes sans emploi ou mal rémunérées pour les soustraire à la pauvreté ainsi que leur famille.

Au cours de la période 2010-2015, la stratégie de l’OIT pour promouvoir le plein emploi, productif et librement consenti, comporte l’idée de politiques coordonnées. Actuellement, la Commission de l’OIT sur l’économie informelle, sur laquelle la FTQ siège dans le cadre des travaux de la Conférence internationale du travail (CIT) prépare une recommandation afin d’offrir un cadre normatif aux États pour faciliter la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle (2014-2015).

Les défis pour l’avenir : contrer la précarisation

L’économie informelle prospère là où sévissent le chômage, le sous-emploi, la pauvreté, l’inégalité entre les sexes et la précarisation du travail. Cette économie joue un rôle important dans de telles conditions, particulièrement en matière de création de revenu, parce qu’elle est relativement accessible, même sans beaucoup d’instruction ou de qualifications ni de gros moyens techniques ou financiers. Toutefois, dans la plupart des cas, on entre dans l’économie informelle non par choix, mais par nécessité pour avoir accès à des activités génératrices de revenu.

Bien que les données sur l’économie informelle demeurent imparfaites, on estime dans nombre de pays la part de l’économie informelle à plus de 50%. Ceci étant dit il faut noter que l’économie informelle est marquée par de graves déficits de travail décent et représente une part disproportionnée des personnes pauvres. Les travailleuses et les travailleurs de l’économie informelle sont généralement exposés à un plus grand risque de pauvreté. Leur vulnérabilité physique et financière est accrue du fait même qu’elles et qu’ils travaillent dans l’économie informelle, laquelle est soit exclue, soit hors de portée des régimes de sécurité sociale et des dispositions législatives régissant la sécurité et la santé, la maternité et d’autres domaines de protection sociale. C’est pourquoi un cadre normatif devient essentiel.

Louis Favreau

Avec de tels enjeux comme celui de la précarisation du travail, peux-tu nous tracer un aperçu du travail de solidarité internationale de la FTQ et de ses fédérations, particulièrement avec des syndicats, des coopératives, des mutuelles et des associations du Sud ?

Denise Gagnon

L’expérience FTQ de coopération pour le travail décent et la justice sociale

Pour répondre efficacement aux besoins en matière de coopération internationale et assurer une aide efficace, il faut s’en donner les moyens. Un de ceux-là serait la création d’un véritable fonds syndical de coopération au développement. L’autre est de consacrer officiellement dans le budget une somme dédiée aux activités internationales comme le font nos syndicats affiliés. Depuis les coupures, plusieurs organisations dont la FTQ évaluent divers scénarios pour autonomiser leurs actions de coopération internationale.

Un aperçu des fonds syndicaux existants

Quelques grands syndicats ont des fonds dédiés tels le Fonds humanitaire des Métallos, le Fonds humanitaire du Syndicat canadien des communications de l’énergie et du papier et le Fonds de justice sociale des travailleurs canadiens de l’automobile (maintenant devenus UNIFOR), le Fonds postal international du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), le Fonds de justice sociale de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). D’autres syndicats ont également des budgets dédiés à la coopération, c’est le cas du Syndicat canadien de la Fonction publique (SCFP), du Syndicat québécois des employés et employées de Service (SQES-298) et des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) lesquels y consacrent une part de leur fonds d’éducation ou de leur fonds de soutien.

Les objectifs des fonds et les critères pour le choix des projets : de la charité à la solidarité en passant par la coopération !

Au début, les fonds syndicaux de coopération ont d’abord eu une approche philanthropique, dans un contexte de soutien à des organismes de charité, ici et ailleurs dans le monde. Aujourd’hui, la tendance est au soutien à des projets structurants, au développement d’une coopération dans la réciprocité, en lien avec des organisations syndicales du Sud et d’autres syndicats du Nord [6] .

Haïti un pays prioritaire pour la FTQ

En Haïti, pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, les actions éclatées de certains syndicats affiliés (SCEP, STTP et TCA) ont été regroupées au sein de projets coordonnés par la FTQ avec une OCI du Québec. Grâce à cette alliance, deux missions permanentes de plusieurs mois ont permis de dégager une image plus claire de la situation syndicale qui prévalait en Haïti après le départ de Duvalier. Durant plusieurs années, un soutien technique et financier a été offert pour une coordination locale des syndicats haïtiens, ce qui a permis de maintenir un lien étroit au niveau des différents secteurs d’activités intéressant nos affiliés. Cette coopération s’est poursuivie avec l’émergence d’une jeune centrale syndicale représentative. Cette coopération demeure une priorité de la FTQ parce qu’il s’agit d’un pays particulièrement vulnérable et parce que nous représentons un grand nombre de travailleurs et de travailleuses issues de la diaspora haïtienne dans nos rangs qui participent à diverses missions d’échanges et d’éducation. Cette contribution de nos membres issue de la communauté haïtienne nous permet d’animer nos sessions de formation en créole, ce qui constitue un avantage certain pour bien évaluer le contexte changeant dans cette région.

Cette présence soutenue en Haïti a été cruciale pour maintenir actives les bases du mouvement syndical et coopératif suite au séisme en 2010. Depuis la CSI et la Confédération syndicale des Amériques (CSA) sont venus apporter le soutien à nos actions.

Durant cette difficile période de relèvement, nous avons aussi développé et dispensé une formation sur l’entraide en situation de chocs post-traumatique dans les secteurs de la santé et de l’éducation en partenariat avec la CSN et la FIQ. Notre expertise en matière de relation d’aide a été mise à contribution pour ce projet pilote qui ne fut cependant pas largement développé faute de financement. [7]

Aperçu de ce que fait la FTQ et ses affiliés dans la coopération au développement du Sud
  • Travailler à la relance par le développement de coopératives au sein de la filière café en Haïti
  • Formation des dirigeantes et des dirigeants syndicaux de la Fédération nationale des travailleurs du pétrole, du gaz et de la chimie en Algérie et travailleurs du secteur extractif au Tchad (SCEP) ;
  • Atelier pour une plus grande participation des femmes dans les structures syndicales au Brésil (TCA) ;
  • Création d’un service d’éducation syndicale du Syndicat national de la construction de l’industrie du bois et des mines au Mozambique (Métallos) ;
  • Développement coopératif au Mali dans le secteur informel (Métallos et FTQ) et développement d’une mutuelle d’épargne et de crédit au Sénégal ;
  • Au Mozambique, les TCA participent à un projet de construction d’une école et au déminage du site entourant l’établissement ;
  • Au Nicaragua, le SCEP supporte une association, l’organisme Maria Elena Cuara, une importante organisation qui vient en aide aux travailleuses et aux chômeuses du pays ;
  • Au Pérou, les Métallos participent à un projet visant la promotion de la santé publique ainsi que le renforcement de l’administration et de la prestation locale des soins de santé ou de programmes d’alimentation.
  • En Colombie et au Mexique, l’AFPC, le SCEP, le STTP et les Métallos soutiennent les syndicats victimes de la répression antisyndicale particulièrement dans le contexte du démantèlement des services publics



Enfin, plusieurs militants s’impliquent activement dans les activités et stages organisés par le Centre internationale de solidarité ouvrière (CISO), ce qui leur permet de partager des expériences de coopération en intersyndical.

Note : l’éducation des nos membres passe entre autres par des missions internationales

Nos membres qui ont la chance de participer à une mission internationale reviennent souvent avec une vision différente de la solidarité internationale et de la coopération. Ils ne la perçoivent plus comme étant de la charité, mais plutôt comme un moyen de mettre en commun nos intérêts dans la défense des droits sociaux et du travail dans chacun de nos pays. La participation concrète dans des activités internationales ou de coopération internationale devient ainsi un outil de conscientisation très important pour la mobilisation des membres face à la mondialisation de l’économie et de nos sociétés tout en leur permettant d’agir concrètement pour une plus grande justice mondiale.

Redynamiser la filière café porteuse de développement durable : Alliance CTSP-PNPCH-NOULA-CECI-FTQ-ISP (AFPC-FIQ-SQEES) en Haïti

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En 2014, la FTQ a réalisé avec la collaboration de l’AFPC, des Métallos et de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) une formation des formateurs et des formatrices et un accompagnement durant deux semaines des personnes déléguées de coopératives et de réseaux de production de café de sept régions d’Haïti qui sont regroupés au sein de la Plateforme café et d’autres personnes déléguées issues des secteurs de l’enseignement et de la santé en partenariat avec le CECI.

Cela a permis de concrétiser de nouvelles alliances syndicats-coopératives au sein de la Confédération des services publics et privés (CTSP) affiliée à la CSI et à l’ISP. La FTQ soutient aussi ses affiliés dans le cadre de projets bilatéraux ciblés sur le plan sectoriel ou régional.

Projets en Afrique francophone au Mali et au Sénégal

À partir de nos expériences réussies dans le domaine coopératif au Mali au cours des années 1990, la FTQ travaille maintenant à un projet de consolidation et de développement d’une mutuelle d’épargne et de crédit au Sénégal à Dakar et à Thiès avec la coordination syndicale des centrales syndicales sénégalaises affiliées à la CSI.

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Conclusion

À la lumière du contexte actuel de financiarisation de l’économie, le mouvement syndical doit revenir aux sources et prendre un virage important pour se renouveler, élargir ses bases, mobiliser et mondialiser ses actions pour une contre-offensive efficace face aux enjeux de l’heure. Il doit donc diversifier ses stratégies et forger de nouvelles alliances s’il veut pouvoir continuer à jouer un rôle de premier plan pour la défense des intérêts des travailleuses et travailleurs, incluant celles et ceux qui sont marginalisés.

Au niveau la coopération internationale, des projets prennent forme malgré les coupures drastiques du gouvernement conservateur. Les financements sont cependant beaucoup plus modestes mais ciblent des projets novateurs principalement au niveau de pays fragiles.

C’est par ailleurs dans cet esprit que se conjuguent des actions pour formaliser l’économie informelle en Haïti et au Sénégal notamment. Ces projets visant le renforcement mutuel et l’élargissement des bases syndicales pour des emplois décents.

Le mouvement syndical demeure un rempart contre les inégalités

Pour le mouvement syndical, le développement solidaire ne repose pas uniquement sur la création de la richesse. Au-delà du strict objectif d’accroître la richesse nationale, il faut examiner concrètement comment les revenus sont redistribués. La compétitivité de l’économie d’un pays n’est rien sans les solidarités qui unissent sa population. Il y a aujourd’hui des preuves suffisantes de réussite d’autres modèles d’inspiration sociale-démocrate, qui accordent une place importante à l’État, aux programmes sociaux et aux syndicats qui sont plus performants, notamment dans les pays scandinaves.

Repères bibliographiques fournis par la CRDC sur les sujets abordés en entretien avec Denise Gagnon

  • Syndicalisme international et coopération au développement
    • Blondin, M. (juin 2014), billet du blogue de la CRDC : http://jupiter.uqo.ca/ries2001/carnet/spip.php?article90
    • Favreau, L., L. Fréchette et R. Lachapelle (2010). Mouvements sociaux, démocratie et développement, les défis d’une mondialisation équitable, Québec, PUQ.
    • Favreau, L. et A. S. Fall (2007), L’Afrique qui se refait, Éditions Presses de l’Université du Québec, Sainte-Foy.
  • Économie informelle et économie solidaire
    • Fonteneau, B., Nyssens, M. et A. S. Fall (1999), « Le secteur informel : creuset de pratiques d’économie solidaire ? » dans Defourny, J., Develtere, P. et B.
    • Fonteneau (1999), L’économie sociale au Nord et au Sud, Éd. De Boeck Université, Paris/Bruxelles, pp. 159-178.
    • Favreau, L. (2014), Économie informelle, économie populaire et économie sociale et solidaire : une mise en perspective Nord-Sud . Revue Haïti Perspectives, automne 2014, p. 31 à 36 http://www.haiti-perspectives.com/book/HP-Vol3No3/Haiti%20Perspectives%20Vol%203%20No%203.html
  • Coopération Nord-Sud et OCI
    • AQOCI-MRI (2013), synthèse du document dans un billet du blogue Oikos : http://www.oikosblogue.coop/?p=16531
    • Favreau, L., L. Fréchette et R. Lachapelle (2008). Coopération Nord-Sud et développement : le défi de la réciprocité, Québec, PUQ.

Sites à explorer

[1Lire à ce sujet Syndicats et coopératives de travail : bilan et prospectives, Journal de recherche syndicale, BIT, Vol. 5, no 2, 2013, 317 pages.

[2Document final de la manifestation spéciale consacrée au bilan de l’action entreprise pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, soixante huitième session de l’Assemblée générale des Nations Unis, Octobre 2013, doc. A/68/L.4

[3Voir notamment « Renouvellement et renforcement du partenariat mondial en faveur du développement, Quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés, mai 2011 ».

[4Voir Principes et directives syndicaux en matière d’efficacité de l’aide du développement, Réseau CSI de la coopération http://cso-effectiveness.org/IMG/pdf/p_g_final_fr.pdf

[6À noter que les fonds qui sont enregistrés à l’Agence de revenu du Canada pour fin de déduction fiscale sont assujettis aux règles strictes de cette agence et doivent viser la réduction de la pauvreté. Règles qui sous le régime conservateur sont interprétées de façon très strictes ce qui ajoute à la complexité des programmes syndicaux.

[7La FTQ a développé depuis 1983 un important réseau de déléguées sociales et de délégués


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