2013 est l’année du 20e anniversaire d’UPA Développement international. 2013 est aussi l’année de la 7e édition de l’Université d’été du GESQ qui portera sur les défis de développement durable en matière d’agriculture et d’alimentation et 2014 sera, par résolution de l’ONU, l’année internationale de l’agriculture familiale. La question alimentaire, dans sa dimension planétaire, est plus que jamais à l’ordre du jour. Thème de ce billet : l’expérience de partenariat de l’UPA DI avec des organisations paysannes au Sud. Suite de mon premier billet et de l’entrevue [2] avec le secrétaire général de l’organisation, André Beaudoin, agriculteur de profession.
2013 est l’année du 20e anniversaire d’UPA Développement international. 2013 est aussi l’année de la 7e édition de l’Université d’été du GESQ qui portera sur les défis de développement durable en matière d’agriculture et d’alimentation et 2014 sera, par résolution de l’ONU, l’année internationale de l’agriculture familiale. La question alimentaire, dans sa dimension planétaire, est plus que jamais à l’ordre du jour. Thème de ce billet : l’expérience de partenariat d’UPA DI avec des organisations paysannes au Sud.
On ne bâtit pas des alternatives au modèle économique dominant sans saisir la nature de la crise et les fondamentaux de l’économie dominante d’aujourd’hui. Quand un diagnostic est approximatif, les remèdes proposés risquent de l’être également. Il faut donc cerner de plus près l’organisation économique et sociale qui est la nôtre que certains nomment pudiquement une économie de marché et d’autres, de plus en plus nombreux, qui n’hésitent plus à nommer un chat un chat : le capitalisme. Suite du billet précédent
Le Groupe d’économie solidaire du Québec (GESQ) a une expérience relativement inédite dans l’univers québécois de la coopération internationale. Né à l’aube de l’an 2000, son entrée dans la coopération Nord-Sud est relativement tardive mais surtout différente des OCI dont bon nombre ont plutôt émergé dans les années 1970 et 1980. Son entrée sociopolitique dans le « secteur » le distingue : elle n’est pas celle de la défense et la promotion des droits humains ou de l’aide humanitaire. Elle passe plutôt par l’économie solidaire dans la tradition historique instituée par le mouvement coopératif à savoir que le premier fil rouge des initiatives n’est pas la « lutte contre la pauvreté » au sens habituel du soutien, surtout social, aux communautés défavorisées du Sud mais bien, au sens fondamental d’une lutte contre la dépendance économique. La distinction est importante : c’est la matrice du modèle de développement coopératif et mutualiste international depuis ses origines. La portée de cette matrice est majeure parce qu’en offrant aux communautés des dispositifs économiques de nature collective, les coopératives et l’ensemble de l’économie solidaire permettent d’assurer aux communautés le contrôle de leur propre développement, leur permettent de se défaire elles-mêmes de la pauvreté et de lutter sur le terrain économique contre les inégalités. Au plan international, les pilotes politiques des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) comme de toutes les ONG qui ont plongé dans ce vaste programme de l’an 2000 jusqu’en 2015 n’ont pas compris cette coordonnée de lutte contre la pauvreté. Celle-ci a donc été surtout une « lutte contre l’extrême pauvreté » et non une lutte contre les inégalités, inégalités dont un des fondements est très précisément l’insécurité économique. Récit de l’itinéraire sociopolitique d’une organisation qui participe de la reconfiguration de la coopération internationale de proximité par temps difficiles [4].
J’étais invité comme conférencier au dernier conseil fédéral de la FNEEQ-CSN en décembre. Intitulé de de la conférence : Changer de modèle économique ? Pistes de sortie de crise à l’heure de Rio+20. Une occasion en or de renouer avec une organisation dans laquelle j’avais milité pendant 15 ans et qui avait été l’objet de ma thèse de doctorat : La CSN dans le mouvement social québécois. Thèse qui a également fait l’objet d’un livre : Le projet de société de la CSN (sous-titré : crise et avenir du syndicalisme au Québec) Il y avait longtemps que je n’avais mis les pieds dans une instance syndicale de la CSN pour y faire une prestation quelconque (conférence, formation...) bien qu’ayant été pas très loin de la centrale par l’intermédiaire de ses outils financiers (Caisse d’économie solidaire Desjardins, Fondaction) et du GESQ. Ce fut pour moi fort stimulant (ce billet en fin de texte fournit l’accès à une vidéo de ma conférence)
On ne bâtit pas des alternatives au modèle économique dominant sans saisir la nature de la crise et les fondamentaux de l’économie dominante d’aujourd’hui. Si notre diagnostic est approximatif, les remèdes proposés risquent de l’être également. Il faut donc cerner de plus près l’organisation économique et sociale qui est la nôtre que certains nomment pudiquement une économie de marché et d’autres, de plus en plus nombreux, qui n’hésitent plus à nommer un chat un chat : le capitalisme.
Le Sommet international des coopératives, organisé conjointement par le mouvement Desjardins et l’Alliance coopérative internationale (ACI), réunit plus de 2800 dirigeants du monde entier pendant près d’une semaine à Québec et Lévis (du 8 au 11 inclusivement). C’est un événement qui n’a pas beaucoup de précédent dans le monde coopératif international des 25 ou 30 dernières années. Il convient donc ici de faire le point comme je le ferai lors d’un séminaire international de recherche organisé le 10 au sein du forum Intercoopération Nord-Sud qui se tient la même journée. Je résume ici mon propos : le mouvement coopératif prend conscience de la profondeur de la crise et de sa portée internationale : le capitalisme boursier, les dégâts écologiques, la montée des inégalités. Simultanément, les coopératives redécouvrent que, par leur approche économique prudente, preuves à l’appui, elles s’en sortent mieux. En outre des dirigeants affirment plus aisément que celles-ci font partie des alternatives économiques à cette crise. Jugeant que les coopératives sont politiquement timides (un certain poids économique mais un nain politique), des initiatives fortes au sein du mouvement surgissent au plan international en marge de ce que l’ACI tente aujourd’hui de faire comme organisation mondiale de représentation politique. Ce billet veut explorer les changements en cours : 1) l’émergence d’une plus grande distance à l’égard du capitalisme, distance remisée depuis un bon moment ; 2) une plus forte internationalisation de son action ; 3) un virage écologique au sein de certaines de ses organisations ; 4) une remise en question de sa légendaire neutralité politique. Important tournant ? À voir !
Les questions environnementales sont la plupart du temps, et surtout en temps de crise des finances publiques, reléguées au second plan au bénéfice de la réduction des déficits publics (entre autres par les redevances anticipées ou supposées de minières, gazières et pétrolières de ce monde) [6] . Mais peut-on tolérer encore longtemps des États qui ont des politiques de laisser-faire face à l’intensification de l’exploitation des ressources naturelles et notamment des ressources énergétiques fossiles (la dernière en liste, le gaz de schiste), l’exploitation intensive de terres agricoles à des fins énergétiques (ce qui menace la biodiversité), l’utilisation des terres arables à d’autres fins (grands centres d’achat, espaces pour le parc automobile au Nord, terres pour produire des agrocarburants au Sud) ? Peut-on laisser une agriculture productiviste continuer à utiliser massivement des intrants chimiques et des pesticides en polluant les nappes phréatiques et les cours d’eau, à augmenter la distance entre la production agricole à grande échelle et les lieux de transformation et de consommation, etc. ? C’est en ces termes que s’exprimait l’organisation des Rencontres du Mont-Blanc (RMB) dans son document d’orientation discuté à Chamonix l’an dernier (pour préparer Rio+20), document produit par Mario Hébert, économiste à Fondaction et moi-même.
Pour faire suite à deux de mes billets sur les débats entourant Rio+20, le dernier qui traitait de la main mise supposée du capitalisme sur l’économie verte et le second qui abordait la question de savoir s’il nous fallait faire nos adieux à la croissance, je poursuis ici la réflexion sur l’état des lieux de la question écologique au sein des mouvements sociaux et dans le développement des communautés en me faisant l’avocat du diable sur quelques idées reçues concernant la décroissance, les indignés et le développement des communautés à la base. Âmes sensibles s’abstenir !

L’universitaire
Après 20 ans comme organisateur communautaire professionnel, Louis Favreau devient en 1986 professeur-chercheur à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Son travail universitaire est alors marqué par l’interface entre une discipline professionnelle, le travail social, et une discipline plus classique, la sociologie, et par l’interface avec des organisations et des réseaux axés sur le changement social. Aujourd’hui, il est professeur émérite de l’UQO.
Titulaire d’une Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC) depuis 1996 à l’UQO (chaire de recherche du Canada de 2002 à 2008), il a dirigé ou co-dirigé des réseaux de recherche au Québec et à l’international.
Il anime également un Observatoire en économie sociale, organisation communautaire et développement régional de même qu’un site de recherche en développement international à l’UQO.
L’auteur
Auteur de plusieurs ouvrages et articles de revue depuis une vingtaine d’années : 26 livres, plus de 150 articles et chapitres de livres publiés au Québec comme à l’international, 150 communications scientifiques et professionnelles dans des congrès québécois et internationaux (en Europe, en Amérique latine et en Afrique de l’Ouest). Il a en outre obtenu quelques 35 subventions de recherche, dont une moitié en tant que chercheur principal et l’autre moitié à titre de co-responsable ou co-chercheur
Le chercheur
FAVREAU, L. et M. Hébert (2012), La transition écologique de l’économie - la contribution des coopératives et de l’économie solidaire
FAVREAU, L. et E. MOLINA (2011), Économie et société, pistes de sortie de crise
FAVREAU, L. (2010), Mouvement coopératif, une mise en perspective
LEMAY, J-F., FAVREAU, L. et C. MALDIDIER (2010), Commerce équitable : Les défis de la solidarité dans les échanges internationaux
FAVREAU, L., FRÉCHETTE, L. et R. LACHAPELLE (2010), Les défis d’une mondialisation solidaire.
FAVREAU, L., FRÉCHETTE, L. et R. LACHAPELLE (2008), Coopération Nord Sud et développement : le défi de la réciprocité.
FAVREAU, L. (2008), Entreprises collectives, les enjeux sociopolitiques et territoriaux de la coopération et de l’économie sociale
BOURQUE, D., COMEAU, Y., FAVREAU, L. et L. FRÉCHETTE (2007), L’organisation communautaire. Fondements, approches et champs de pratique
FAVREAU, L., et A.S. FALL (2007) (dir.), L’Afrique qui se refait. Initiatives socio-économiques des communautés et développement en Afrique noire
FAVREAU, L., A.S.FALL et G. LAROSE (2004), Le Sud…et le Nord dans la mondialisation. Quelles alternatives ?
FAVREAU, L. et L. FRÉCHETTE (2002), Mondialisation, économie sociale, développement local et solidarité internationale
COMEAU, Y., FAVREAU, L., LÉVESQUE, B. et M. MENDELL (2001), Emploi, économie sociale et développement local : les nouvelles filières.
SPEAR, R., DEFOURNY, J., FAVREAU, L. et J.-L. LAVILLE (2001), Tackling Social Exclusion in Europe, the Contribution of the Social Economy.
Le rédacteur
Collaborateur au blogue de la coopérative d’édition Oikos
Le militant
Président du Fonds de Solidarité Sud
Vice-président du GESQ
Chercheur observateur au Conseil d’administration du Conseil québécois de la coopération et de la mututalité