Carnet de Louis Favreau
Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC)

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Le train fou de MMA dérive d’une vision du monde « intégriste »

mercredi 25 mars 2015 par Gilles Bourque, Louis Favreau

La bataille du train, suite à la tragédie de Mégantic, fait désormais partie du combat écologique d’aujourd’hui. On en parle beaucoup moins. On en parle souvent comme de quelque chose de séparé, de très peu lié au combat écologique (exploration, exploitation, transport de...). Mais cette menace pour la sécurité de milliers de communautés (villages ou quartiers populaires) du Québec et à travers le pays fait désormais partie intégrante (mais insoupçonnée jusqu’à récemment) du combat écologique car, après l’exploration puis l’exploitation, il y a le transport de matières dangereuses par train qui s’est intensifiée à vitesse grand V. Nous assistons présentement à une offensive tous azimuts des gazières et pétrolières au Québec et au Canada soutenue sans grand scrupule par les pouvoirs publics. Il est urgent de voir que l’austérité n’est que la pointe du iceberg. Sous la pointe de ce iceberg, c’est le désastre écologique annoncé...et, pour la gauche, celle des mouvements sociaux et des courants politiques, un projet de société « social-écologique » à faire avancer en urgence, ce qui constitue un enjeu central avec la nécessaire transition énergétique, une fiscalité écologique conséquente, etc. Mais quel modèle socioculturel, quelle vision du monde et de la société sous-tend les manières de faire d’entreprises comme MMA ? Démonstration par Gilles Bourque, sociologue et économiste à l’IREC. À la suite de cette lecture, vous allez à l’adresse suivante qui vous parle d’une grande manifestation le 11 avril à Québec, la Marche Action Climat http://www.actionclimat.ca/

Louis Favreau



Syndicalisme et coopératives : quelles alliances au plan international ?

lundi 9 mars 2015 par Denise Gagnon

Nous sommes généralement peu au courant de ce que le syndicalisme québécois fait en matière de solidarité internationale, particulièrement en ce qui a trait à la coopération au développement avec le Sud. Et pourtant il existe une assez longue tradition. Démonstration à partir de la présentation que la directrice du Service de solidarité internationale à la FTQ, Denise Gagnon, nous a fait au RDV international de la CRDC l’automne dernier. Démonstration également sur le thème des alliances historiques et actuelles des syndicats et des coopératives. Un premier grand tour de jardin sur les politiques et les pratiques de la FTQ en la matière. Une pièce substantielle de notre coopération de proximité avec le Sud peu connue et donc sous-estimée.

Louis Favreau



Les inégalités seront l’un des grands enjeux de 2015 : le point de vue d’un économiste de l’IREC

lundi 23 février 2015 par Gilles Bourque

Comme il le fait depuis quelques années, le Centre canadien de politiques alternatives mesure le salaire moyen des dirigeants d’entreprise les mieux payés au Canada et compare ces derniers au travailleur canadien moyen. En 2013, dès le 2 janvier à 13h11, soit en un peu plus de 37 heures « d’activité », ces PDG avaient chacun déjà amassé une paie aussi élevée que le salaire annuel moyen des employés à temps plein. L’organisme a calculé que les 100 Canadiens les mieux payés avaient empoché en moyenne 9,2 millions $ en 2013, soit environ 25 pour cent de plus que ce qu’ils avaient gagné en 2008. En comparaison, le revenu moyen des Canadiens a augmenté de 12 pour cent de 2008 à 2013, pour se fixer à 47 358 $. En 1998, la rémunération moyenne des 100 patrons les mieux payés était 105 fois plus élevée que le revenu moyen des Canadiens ; en 2013, les PDG ont gagné 195 fois plus que le Canadien moyen.



La finance solidaire québécoise peut-elle servir de levier dans des communautés du Sud ?

lundi 9 février 2015 par Louis Favreau

À quoi pourrait ressembler un futur Fonds québécois d’investissement solidaire (par prêts et garanties de prêts) dédié aux économies du Sud [3] ? Essai d’illustration et de démonstration à partir de cinq expériences pour comprendre ce que peuvent faire des fonds apparentés au projet sur lequel l’AQOCI travaille d’arrache-pied ces temps-ci [4] . Quatre critères principaux ont servi à les sélectionner de manière à faire apparaître par delà leur tronc commun la diversité : 1) le milieu rural et le milieu urbain ; 2) les pays et les continents (dans ce billet des pays d’Amérique latine et d’Afrique de l’Ouest) ; 3) les principaux porteurs au Sud qui sont soit une ONG, une organisation paysanne, une coopérative ou une association à vocation économique ; 4) la base sociale principale des projets : des femmes, des familles paysannes, des résidents de quartiers populaires ou des habitants de communautés rurales.



Énergie Est : l’impératif de tenir compte des émissions de CO2

mardi 27 janvier 2015 par Gilles Bourque
Les gouvernements du Québec et d’Ottawa semblent, encore une fois, décidés à nous passer un sapin pour combler les vœux du lobby pétrolier. Alors que la simple logique devrait prévaloir, en l’occurrence que l’évaluation environnementale de Québec sur le pipeline Énergie Est tienne compte des émissions de (...)


D’où vient et où va l’économie sociale et solidaire ?

Ou comment l’expérience française peut nous être utile
jeudi 15 janvier 2015 par Hugues Sibille

L’économie sociale et solidaire s’est beaucoup internationalisée dans la dernière décennie par l’intermédiaire des Rencontres du Mont-Blanc, association internationale née en 2004 à Chamonix d’une initiative de grandes mutuelles et coopératives françaises en collaboration avec des organisations québécoises comme la Caisse d’économie solidaire Desjardins, Fondaction et Développement solidaire international , toutes trois membres du Carrefour solidaire (CSN), par l’intermédiaire du RIPESS, association internationale née en 2005 à Dakar d’une initiative du monde associatif engagé dans des projets économiques (ONG de développement local, réseaux d’entreprises associatives du Brésil, du Pérou, de France et du Québec notamment) et finalement par l’intermédiaire des initiatives de Desjardins en collaboration avec l’Alliance coopérative internationale (ACI), la plus importante organisation internationale dans le secteur (présente dans plus de 100 pays et composée de 200 organisations nationales qui en sont membres) soit les Sommets de 2012 et de 2014 qui ont réuni chacun plus de 2500 délégués [6] .

À telle enseigne que son intervention et son internationalisation a permis une percée dans des institutions internationales comme le Bureau international du travail (BIT) et quelques États du monde où ont émergé des projets de loi-cadre sur l’économie sociale (France, Québec, Portugal, Italie et Espagne par exemple), sur les coopératives (Bolivie notamment) ou sur l’économie populaire solidaire (Équateur). Cette percée de reconnaissance des entreprises collectives (coopératives, mutuelles et associations à vocation économique) peut certainement être enregistrée comme un gain. Reste que de grandes questions demeurent dont celles posées notamment par notre collègue français Hugues Sibille. Car les lois en question peuvent demeurer sans application (cas de l’Espagne depuis quatre ans) ou bien éphémères (quel avenir du soutien de l’État en période manifeste d’austérité comme c’est le cas au Québec et en Europe) c’est-à-dire sans politique publique conséquente.

Pour prendre un minimum de recul, la comparaison avec l’expérience française vaut le détour. C’est quand même pour beaucoup de la France qu’est venue l’inspiration première de l’économie sociale québécoise. Avec Hugues Sibille, on pourra retourner les pierres autour des quatre paradoxes : a) là où il y a de la puissance économique (les grandes coopératives et les mutuelles), quelle stratégie de développement pour l’ensemble de ses organisations, fédérations, réseaux ? b) les entreprises collectives sont un laboratoire d’innovations sociales mais peuvent-elles parvenir à faire système ? c) et la bataille des idées sur le modèle économique à faire valoir a-t-il gagné des points depuis l’arrivée de cette loi-cadre ? d) enfin si le Québec dispose maintenant d’une loi-cadre, y a-t-il pour autant une politique publique en la matière ?

Louis Favreau



Le projet québécois d’un marché du carbone : les avis divergent

dimanche 7 décembre 2014 par Gilles Bourque

Depuis quelques mois, Gilles Bourque produit pour le blogue de la CRDC une série d’articles sur la transition écologique de l’économie à partir de l’entrée énergétique : comment le Québec peut-il sortir des énergies fossiles ? Le premier qui a eu un franc succès portait sur l’urgence au Québec d’investir dans l’électrification des transports ; le second tombait pile en portant sur une fiscalité écologique, véritable alternative aux solutions d’austérité d’un gouvernement prétendant que nous n’avons pas le choix ; le troisième nous a amené sur le terrain de la finance responsable dont la capacité de mobilisation pour contrer les multinationales du « fossile » en surprendra plusieurs. Ce 4e billet nous amène sur le défi de la bourse québécoise du carbone et ses chances de réussir à partir de l’expérience internationale en la matière.

Louis Favreau



Carrefours Jeunesse Emploi et organisations communautaires dans la tourmente

vendredi 21 novembre 2014 par Louis Favreau, Lucie Fréchette, Yao Assogba

À l’initiative de trois professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) membres de la CRDC, 27 professeurs et chercheurs en provenance de huit universités et de 10 centres de recherche expriment leur désaccord quant au sort réservé aux Carrefours Jeunesse Emploi et au secteur communautaire par le gouvernement actuel. Question posée : la politique d’austérité en cours du gouvernement du Québec n’est-elle pas en voie de renier une grande partie de l’histoire sociale des 50 dernières années, celle de la cohabitation active des pouvoirs publics avec les communautés locales ? [8]



Les énergies fossiles : quand la finance responsable mobilise !

vendredi 14 novembre 2014 par Gilles Bourque

L’investissement socialement responsable est plus souvent qu’autrement associé à des organisations (fonds en développement durable, institutions de finance solidaire, fonds éthiques...) qui dialoguent patiemment avec des entreprises en mettant de l’avant des demandes pour le respect de l’environnement et/ou le respect des normes internationales du travail pour ne donner que ces deux exemples. Mais l’investissement socialement responsable peut aussi être une mobilisation pour désinvestir de certaines multinationales. C’est notamment le cas dans le secteur très controversé des énergies fossiles. Notre collaborateur, l’économiste et sociologue de l’IREC Gilles Bourque, relate trois expériences internationales pertinentes à cet égard. Tout simplement instructif !

Louis Favreau



L’État social au Québec à une étape critique de son histoire : état des lieux (1)

lundi 3 novembre 2014 par Louis Favreau

Nous sommes probablement à une étape critique de l’histoire de l’État social au Québec comme dans la plupart des États des pays du Nord d’ailleurs. La question qui est posée dans ce billet : serions-nous entrés dans une société de groupes d’intérêts au détriment d’un « vivre ensemble » où la mobilisation de la société civile et des mouvements sociaux compte significativement ? La seconde dans un 2e billet à venir sera : y a-t-il un avenir pour la social-démocratie au Québec ? Pourquoi ces questions ? D’abord parce que l’État québécois est entré dans la phase ascendante de sa politique d’austérité. Ensuite parce que les aspirations sociopolitiques des mouvements sociaux (leur participation à la réalisation de l’intérêt général) et de la gauche politique (son souci de justice sociale) au Québec comme à l’échelle de la planète sont aujourd’hui dépourvus de références pertinentes : le communisme, avec ses différents visages, longtemps la référence et l’espoir des pays du Sud tout en étant fortement présent dans nombre de pays d’Europe [11] , est tombé en désuétude tandis que la social-démocratie ne suscite plus guère d’enthousiasme dans les nouvelles générations [12]. Pendant longtemps, le mouvement ouvrier et le socialisme ont pris leur ancrage dans de vastes mobilisations populaires et dans des partis politiques adossés à des forces sociales. Les années 1930 ont été exemplaires à cet égard. Aujourd’hui, même si la social-démocratie relève pour bien du monde du passé, son équation de base a-t-elle pour autant perdu de son actualité ? Non s’il s’agit ici de repenser la solidarité, la justice sociale, l’efficacité économique et la démocratie. Ce qui suppose qu’on examine de plus près les groupes porteurs et donc qu’on jette un regard du côté du renouvellement des mouvements sociaux historiquement constitués ou émergents soit le syndicalisme, l’action des partis politiques de gauche, le mouvement coopératif qui a donné naissance aux entreprises collectives, l’écologie sociale et politique et le mouvement communautaire. Premier de deux billets sur l’État social.


Louis Favreau


L’universitaire

Après 20 ans comme organisateur communautaire professionnel, Louis Favreau devient en 1986 professeur-chercheur à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Son travail universitaire est alors marqué par l’interface entre une discipline professionnelle, le travail social, et une discipline plus classique, la sociologie, et par l’interface avec des organisations et des réseaux axés sur le changement social. Depuis 2012, il est professeur émérite de l’UQO.

Titulaire d’une Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC) depuis 1996 à l’UQO (chaire de recherche du Canada de 2002 à 2008), il a dirigé ou co-dirigé des réseaux de recherche au Québec et à l’international.

Il anime également un Observatoire en économie sociale, organisation communautaire et développement régional de même qu’un site de recherche en développement international à l’UQO.


L’auteur

Auteur de plusieurs ouvrages et articles de revue depuis une vingtaine d’années : 26 livres, plus de 150 articles et chapitres de livres publiés au Québec comme à l’international, 150 communications scientifiques et professionnelles dans des congrès québécois et internationaux (en Europe, en Amérique latine et en Afrique de l’Ouest). Il a en outre obtenu quelques 35 subventions de recherche, dont une moitié en tant que chercheur principal et l’autre moitié à titre de co-responsable ou co-chercheur


Le chercheur

FAVREAU, L. et M. Hébert (2012), La transition écologique de l’économie - la contribution des coopératives et de l’économie solidaire

FAVREAU, L. et E. MOLINA (2011), Économie et société, pistes de sortie de crise

FAVREAU, L. (2010), Mouvement coopératif, une mise en perspective

LEMAY, J-F., FAVREAU, L. et C. MALDIDIER (2010), Commerce équitable : Les défis de la solidarité dans les échanges internationaux

FAVREAU, L., FRÉCHETTE, L. et R. LACHAPELLE (2010), Les défis d’une mondialisation solidaire.

FAVREAU, L., FRÉCHETTE, L. et R. LACHAPELLE (2008), Coopération Nord Sud et développement : le défi de la réciprocité.

FAVREAU, L. (2008), Entreprises collectives, les enjeux sociopolitiques et territoriaux de la coopération et de l’économie sociale

BOURQUE, D., COMEAU, Y., FAVREAU, L. et L. FRÉCHETTE (2007), L’organisation communautaire. Fondements, approches et champs de pratique

FAVREAU, L., et A.S. FALL (2007) (dir.), L’Afrique qui se refait. Initiatives socio-économiques des communautés et développement en Afrique noire

FAVREAU, L., A.S.FALL et G. LAROSE (2004), Le Sud…et le Nord dans la mondialisation. Quelles alternatives ?

FAVREAU, L. et L. FRÉCHETTE (2002), Mondialisation, économie sociale, développement local et solidarité internationale

COMEAU, Y., FAVREAU, L., LÉVESQUE, B. et M. MENDELL (2001), Emploi, économie sociale et développement local : les nouvelles filières.

SPEAR, R., DEFOURNY, J., FAVREAU, L. et J.-L. LAVILLE (2001), Tackling Social Exclusion in Europe, the Contribution of the Social Economy.



Le rédacteur

Collaborateur au blogue de la coopérative d’édition Oikos


Le militant

Président du Fonds Solidarité Sud


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